ROME – Le Vatican a confirmé ce  21 avril 2025 le décès du pape François à l’âge de 88 ans. Né Jorge Mario Bergoglio en 1936 à Buenos Aires, en Argentine, il avait été élu pape en 2013 après la démission de Benoît XVI. Son pontificat aura été marqué par des réformes internes, des prises de position géopolitiques tranchées, mais aussi par des controverses, notamment durant la pandémie de Covid-19.
Pope Francis died on Easter Monday, April 21, 2025, at the age of 88 at his residence in the Vatican’s Casa Santa Marta. pic.twitter.com/jUIkbplVi2
— Vatican News (@VaticanNews) April 21, 2025
Un état de santé déclinant
Ces derniers mois, le chef de l’Église catholique était visiblement affaibli. Il avait été hospitalisé pour une bronchite et ses apparitions publiques s’étaient faites plus rares. Le Saint-Siège avait annulé tous ses engagements prévus, évoquant un « tableau clinique complexe ». Il est décédé dans un hôpital de Rome.
Parcours d’un pape
Fils d’un employé des chemins de fer et d’une mère au foyer, Jorge Mario Bergoglio a d’abord étudié la chimie avant d’entrer au séminaire. Ordonné prêtre en 1969, il devient archevêque de Buenos Aires en 1998. Il est nommé cardinal en 2001 par Jean-Paul II.
Son élection le 13 mars 2013 fait date : il devient le premier pape issu du continent américain, le premier non-Européen depuis plus de 1 200 ans, et le premier jésuite à accéder à cette fonction. Il choisit le nom de François, une référence à François d’Assise, symbole de pauvreté et d’humilité.
Réformes et tensions internes
Pendant son pontificat, François engage plusieurs réformes de la Curie romaine et tente d’imposer une ligne plus souple sur des sujets comme l’accueil des divorcés remariés ou des personnes LGBT+. Ces positions provoquent de vives critiques, notamment dans les cercles conservateurs de l’Église.
En 2013, il prononce la phrase « Qui suis-je pour juger ? » en réponse à une question sur l’homosexualité, déclarant également son soutien à une Église plus inclusive. En décembre 2023, plusieurs évêques africains s’étaient opposés à sa décision d’autoriser les bénédictions de couples homosexuels.
Positions internationales contrastées : entre dénonciation des conflits et politiques sanitaires
Sur Gaza : des mots forts contre les violences
Le 22 décembre, lors de la prière de l’Angélus, le souverain pontife a dénoncé les frappes israéliennes sur la bande de Gaza, parlant non pas de guerre mais de « cruauté ». Il a évoqué « les enfants mitraillés » et « les bombardements d’écoles et d’hôpitaux », des propos qui ont été perçus comme une condamnation sans équivoque de l’action militaire israélienne.
Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate du ministère israélien des Affaires étrangères, accusant le pape de « deux poids, deux mesures » et de ne pas tenir compte du « contexte de lutte contre le terrorisme djihadiste ».
Dans un extrait de livre ayant fuité fin 2023, le pape allait encore plus loin, affirmant que les événements à Gaza présentaient « les caractéristiques d’un génocide ».
Sur l’Ukraine : un appel à la négociation
Autre dossier brûlant, l’Ukraine. En février, François avait appelé à « agiter le drapeau blanc » et à négocier pour éviter « une plus grande catastrophe ». Des propos qui ont été critiqués par les autorités ukrainiennes et par l’OTAN, qui y ont vu un encouragement à la reddition.
Refusant de condamner unilatéralement la Russie, le pape a rappelé que « dans tout conflit, il y a deux parties », et a aussi mis en cause l’attitude de l’OTAN qu’il jugeait trop agressive envers Moscou. Une posture qui a divisé, jusque dans les rangs catholiques.
Covid-19 : une politique vaccinale autoritaire au Vatican
À l’opposé de son appel au dialogue sur les conflits, François a appliqué une ligne dure en matière de santé publique. Le Vatican a imposé dès 2021 la présentation d’un Green Pass et la vaccination obligatoire pour certaines catégories, notamment la Garde suisse pontificale.
Six gardes suisses ont été poussés à la démission ou suspendus pour avoir refusé le vaccin anti-Covid. Parmi eux, plusieurs Romands ont dénoncé une pression « brutale » et une absence de dialogue. Pierre-André Udressy, dans une lettre ouverte, s’est dit « sous le choc » d’avoir été renvoyé par « une institution censée défendre la solidarité ».
Cette décision a provoqué un malaise dans les milieux catholiques et en Suisse, où certains ont vu dans cette politique une soumission aux grandes firmes pharmaceutiques. Le pape avait pourtant justifié cette mesure en qualifiant la vaccination d’« acte d’amour ».
Absences et relations diplomatiques
En France, son absence lors de la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été remarquée. Ses relations avec le président Emmanuel Macron ont été décrites comme distantes.
Satan a décidé de rappeler à lui un de ses plus zélé serviteur . Reste à savoir qui va prendre sa suite .