Géopolitique

Sergueï Lavrov conteste la justification de la guerre contre l’Iran : « Aucune preuve » d’un programme d’armes nucléaires

Alors que les frappes américaines et israéliennes martyrisent l’Iran pour la quatrième journée consécutive, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a eu l’élégance de rappeler un détail gênant, ce mardi 3 mars 2026 : tout ceci repose sur du vide. Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue brunéien, l’homme de fer de Moscou a douché les ardeurs guerrières : « Nous ne voyons toujours aucune preuve que l’Iran développait des armes nucléaires. » Traduction : la seule justification de cette escalade militaire était un château de cartes. Pendant ce temps, les missiles continuent de pleuvoir sur des sites que l’on dit « sensibles », comme si la vérité était devenue un dommage collatéral acceptable.

mise à jour le 03/03/26

« Les informations de l’AIEA et des services de renseignement américains confirment que l’Iran n’a pas fabriqué d’armes nucléaires et n’avait aucun plan en ce sens. »

L’AIEA, otage ou complice ?

Pendant que les états-majors s’activent, les techniciens de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tentent encore de comprendre ce qui leur échappe. Rafael Grossi, son directeur général, a dû répéter l’évidence devant le Conseil des gouverneurs le 2 mars : l’agence n’a détecté aucun dommage sur les installations déclarées, de Bushehr au réacteur de Téhéran. Certes, les accès de l’usine souterraine de Natanz ont été griffés, mais de là à y voir un arsenal clandestin… Grossi rappelle que l’Iran enrichit de l’uranium à 60 %, un seuil inquiétant, certes, mais qu’aucune activité coordonnée de militarisation n’a repris depuis 2003. Autrement dit, on bombarde sur la base d’un « et si », une logique qui avait déjà si bien réussi en Irak. Les services de renseignement américains eux-mêmes admettaient que Téhéran, bien que techniquement capable, n’avait pas franchi le pas. Mais qui écoute encore les experts quand les faucons ont faim ?

Publicité


Moscou prédit le boomerang nucléaire

Lavrov, en stratège qui a vu d’autres guerres impériales, a enfoncé le clou avec un sens certain de l’ironie tragique. « Cette agression, a-t-il prévenu, pourrait bien pousser l’Iran – et d’autres – à se doter de la bombe. » On croit rêver : une guerre menée au nom de la lutte contre la prolifération qui devient le meilleur argument pour proliférer. C’est un peu comme brûler sa maison pour éviter les termites. La Russie, alliée objective de Téhéran, multiplie les appels au retour à la table des négociations, mais dans le vacarme des frappes, la voix de la raison passe pour de la mauvaise foi. Lavrov dénonce depuis longtemps cette « politisation » de l’AIEA, transformée en bureau des plaintes pour les aventures militaires occidentales.

Publicité


L’engrenage moyen-oriental : une région en cendres

Lancée le samedi 28 février 2026, l’offensive américano-israélienne visait officiellement à « neutraliser » les capacités potentielles de l’Iran. Potentielles, le mot est lâché. Téhéran crie à l’agression illégale et jure que son programme est aussi civil qu’un jardin public. Pendant que les sirènes hurlent en Israël, que le détroit d’Ormuz s’embrase et que le baril de pétrole flambe, la fracture diplomatique entre Moscou et les capitales occidentales se creuse un peu plus chaque jour.

Publicité

Les rappels à l’ordre russes sont-ils le prélude à une médiation ou le signal d’une polarisation accrue ? Pour l’instant, une seule certitude : la guerre poursuit son œuvre, et avec elle, le Moyen-Orient s’enfonce un peu plus dans ce chaos dont les architectes du Pentagone ont le secret. La non-prolifération par les bombes : une recette qui a déjà fait ses preuves… par ses échecs.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Sergueï Lavrov conteste la justification de la guerre contre l’Iran : « Aucune preuve » d’un programme d’armes nucléaires"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Géopolitique

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous