Quand la CIA finançait les intellectuels en Europe

L'ancienne traduction chez Denoël de « Qui mène la danse ? La CIA et la Guerre froide culturelle » de Saunders Frances Stonor était épuisée. Les éditions Delga rendent enfin accessible ce volume de 500 pages d'un kilo bien pesé dans une nouvelle traduction. Il passe de 250 € d'occasion à 29 € neuf. L'auteur, Saunders Frances Stonor, nous plonge dans les coulisses d'une guerre froide où l'Etat américain, privé de ministère de la Culture, comprit vite que les dollars du plan Marshall ne suffiraient pas : l'aide financière devrait être complétée par un programme de guerre culturelle.

mise à jour le 20/04/26

Plongée dans les archives secrètes : quand la CIA payait les artistes pour gagner la guerre froide.

Une partie du titre publié tout d’abord en Angleterre avait été supprimée par l’éditeur américain : « Who paid the piper ? » (Qui a payé le joueur de flûte ?) avait été ainsi jetée au panier. Toute allusion en couverture au pouvoir du dollar était ainsi glissée sous le tapis.

Saunders Frances Stonor a dévoilé le programme secret de propagande de la CIA qui, à partir de 1948, fit de la culture une véritable machine de guerre contre l’influence du bloc soviétique en Europe. De considérables moyens humains et financiers ont été employés pour utiliser la littérature, la musique, l’art et la presse comme des armes idéologiques privilégiées en faveur des États-Unis.



L’art contemporain est une création de la CIA. On peut le dater de 1945. En revanche, depuis la révolution orange de Soros de 1968, la culture est sous influence sans que la CIA ait à intervenir directement. Un tour à la Foire Internationale d’Art Contemporain — nommée depuis peu Art Basel — le confirmera : les « créateurs » d’art dit contemporain ne dérangent personne, ni le système politique qui les finance ni le public qui s’en détourne. Déconnecté de toute réalité, l’art est devenu un moyen de blanchir des capitaux. L’État et les banques n’ont rien à craindre de la culture qu’ils subventionnent. En témoigne ce sketch sur l’art contemporain est une pure blague.

De très nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique ont été généreusement rémunérées au moment de la guerre froide après la Seconde Guerre mondiale. Les services secrets américains les ont utilisés par l’intermédiaire d’espions restés inconnus ou de fondations comme la Fondation Ford et la Fondation Rockefeller. Cela n’enlève rien à la valeur des œuvres ce ces intellectuels. Certains étaient conscients de la manipulation, d’autres non. Aujourd’hui  plus de besoin de l’aide directe de la CIA, l’art est devenu art officiel et l’État a pris en main la vie intellectuelle et artistique, y compris à la direction des grandes maisons d’édition qui se sont bien gardées de rééditer l’ouvrage de Saunders Frances Stonor.




Qui menait la danse ? La CIA et la Guerre froide culturelle,
Saunders Frances Stonor, traduction de Jean-Paul Batisse, éditions Delga.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Quand la CIA finançait les intellectuels en Europe"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Culture

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous