Conflits

L’art de la barbarie : Israël accusé d’avoir torturé un nourrisson palestinien sous les yeux de son père à Gaza

Depuis le 22 mars, une affaire glaçante agite les réseaux sociaux et les médias arabes : des soldats israéliens auraient torturé un nourrisson de 18 à 22 mois devant son père, dans le but d’extorquer des aveux. L’enfant, Jawad (ou Karim) Abu Nassar, a été rendu à sa famille après dix heures de détention, via le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Son père, Osama Abu Nassar, reste entre les mains de l’armée israélienne. À ce jour, l’IDF (« Israeli Defense Forces » ) n’a daigné répondre par aucun commentaire.

mise à jour le 26/03/26

Torturer un enfant devant son père n’est pas un crime de guerre, c’est une signature – celle d’une armée qui a perdu jusqu’à l’ombre d’une conscience.

Un père brisé, un enfant martyr : le récit des faits

Les événements se seraient déroulés les 19 ou 20 mars, près du camp de réfugiés d’Al-Maghazi, dans la bande de Gaza. Osama Abu Nassar, déjà psychologiquement fragilisé après la perte de son cheval – sa seule source de revenus –, sort avec son fils pour acheter des vivres. Interceptés sous les tirs israéliens, ils deviennent les protagonistes d’un cauchemar.

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Des témoins, relayés par le journaliste palestinien Osama Al-Kahlout et la chaîne Palestine TV, décrivent une scène d’une violence inouïe : les soldats auraient ordonné au père de poser l’enfant à terre, de se déshabiller, puis de s’approcher d’un checkpoint. Le bébé, lui, aurait été emmené à l’écart et soumis à des séances de torture en présence de son père :
. Brûlures de cigarettes sur les jambes
. Piqûres et enfoncement d’un clou métallique dans la chair

Des photos et vidéos, accompagnées d’un rapport médical palestinien, attestent de ces séances. La mère, interrogée par TRT Arabi, résume l’horreur : « Ils ont torturé notre fils. » L’enfant, rendu au marché d’Al-Maghazi via le CICR, présentait un visage livide, des tremblements, et une fièvre persistante. Il a été pris en charge à l’hôpital Al-Aqsa.

Cette version, reprise par Al Jazeera, TRT World et Anadolu Agency soulève une question : pourquoi l’IDF ne dément-elle pas ?


L’IDF et l’art du silence complice

Contrairement à d’autres affaires, l’armée israélienne n’a ni confirmé ni infirmé ces accusations. Aucun démenti, aucune explication alternative (comme l’accusation récurrente d’utilisation d’enfants comme boucliers humains), aucune vidéo officielle pour contredire les images des blessures. Aucune enquête interne n’a été annoncée.

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Ce mutisme, dans un contexte où chaque accusation de crime de guerre est systématiquement exploitée par les deux camps, est révélateur. L’absence de réponse est une réponse.


Des preuves, mais pas de justice

À charge : témoignages concordants, rapport médical, images des lésions.

Manquants : confirmation du CICR, enquête de l’ONU ou d’une ONG neutre.

Pour l’instant, cette histoire reste une accusation grave, massivement relayée, mais non confirmée par une enquête indépendante. Elle suscite une indignation mondiale, mais aussi une question lancinante : pourquoi l’Occident, prompt à condamner d’autres régimes, ferme-t-il les yeux sur Israël ?

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Si de nouveaux éléments émergent (rapport du CICR, enquête de l’ONU), l’affaire pourrait basculer. En attendant, elle rappelle une réalité cruelle : à Gaza, les enfants paient le prix de l’impunité organisée.

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