Politique internationale

Génocide à Gaza : André Bercoff et Tocsin jouent sur la précision sémantique pour cacher l’horreur

Sur Tocsin, média notoirement proche d'Éric Zemmour, l’animateur André Bercoff, sioniste militant de longue date, recevait Catherine Grynfogel-Drommelschlager. Présentée comme « enseignante-chercheuse » de l’Université Toulouse 1 Capitole, elle a, par son statut universitaire, servi de caution à une opération de déni en règle. Sous couvert d’expertise juridique, son intervention a consisté à instrumentaliser une distinction procédurale pour évacuer la substance même des crimes commis à Gaza.

mise à jour le 09/10/25

Sous couvert de “précision juridique”, certains médias transforment le droit en alibi.

Le procédé est rodé : brandir l’absence du mot « génocide » dans les mandats d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) contre Netanyahou et Gallant – pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité – pour en faire un argument d’acquittement. Cette focalisation sur une lacune lexicale, soigneusement détachée de tout contexte, est le pivot d’une stratégie de blanchiment. Elle ignore superbement la décision autrement plus lourde de sens de la Cour Internationale de Justice (CIJ), qui a reconnu un « risque plausible de génocide » et ordonné des mesures conservatoires contre Israël.


Le choix du plateau – l’intersection entre un média identitaire et un animateur au militantisme assumé – n’est pas un hasard. Il s’agit de construire une façade de crédibilité en convoquant une universitaire, tout en s’assurant que le cadre du débat soit verrouillé idéologiquement. La « précision technique » devient alors l’outil parfait pour inoculer le doute, évacuer les images de dizaines de milliers de morts, de famines organisées et de villes rasées, et disqualifier par avance toute qualification morale des faits.



Cette mise en scène médiatique participe d’un phénomène plus large : la délégitimation systématique de toute instance internationale dès lors que ses conclusions dérangent. La CPI est crédible quand elle poursuit d’autres régimes, mais soudain suspecte de politisation quand elle enquête sur Israël. La CIJ est une référence, sauf lorsqu’elle statue sur le risque génocidaire. Ce deux poids, deux mesures est l’armature intellectuelle de l’impunité.

Derrière le paravent des jargons juridiques se joue une bataille narrative cruciale : il s’agit de rendre acceptable l’inacceptable. En réduisant le débat à une querelle sémantique entre spécialistes, on anesthésie l’indignation que devrait provoquer la réalité quotidienne à Gaza. L’enjeu n’est pas académique ; il est humanitaire et politique. Tant que des tribunes offertes à des opinions partiales continueront d’être habillées en leçons de droit, le fossé se creusera un peu plus entre le droit international et la réalité qu’il est censé régir.

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1 commentaire sur "Génocide à Gaza : André Bercoff et Tocsin jouent sur la précision sémantique pour cacher l’horreur"

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  1. “Le droit international ne s’applique pas aux Juifs. C’est la différence entre le peuple élu et les autres.”
    Bezalel Smotrich Ministre des finances d’Israel.

    Ok d’accord, alors il faut que l’humanité se sépare définitivement de ce « peuple élu » puisqu’on ne partage strictement aucune valeur avec ce peuple, la cohabitation est impossible.

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