Chronique de Fin d’un Monde n° 2 : Les sanctions se fracassent sur la Muraille de Fer

Géopolitique

mise à jour le 14/03/22

Guy de la Fortelle a légèrement modifié le titre de la chronique : « la fin du monde » est devenue « la fin d'un monde ». C'est plus optimiste. Notre système capitaliste fonctionne par crises liées au crédit. La guerre d'Ukraine marque la fin d'un cycle et le début d'un nouveau (et même, peut-être, d'un super cycle non capitaliste).

La Grande muraille de fer (3 500 km) coupe l’Eurasie en deux entre le golfe de Finlande et le golfe persique. Les voies terrestres entre la Chine et l’Europe sont en train d’être coupées. Avec le conflit en Ukraine, il ne reste plus qu’une toute petite ouverture qui passe par l’Azerbaïdjan (150 km) pour passer par voie terrestre.

La Russie est un acteur secondaire du conflit par rapport à la Chine. Les sanctions contre la Russie ont peu d’importance. D’ailleurs elle s’y attend depuis 2014 et a mis au point un système de paiement alternatif (Mir) intégré à la carte chinoise Union Pay. Grâce à Union Pay et ses accords avec les banques françaises, vous avez accès à 80 % des distributeurs en France. Pour faire du mal aux Russes, il faudrait bloquer le chinois Union Pay, ce qui n’est pas envisageable (avec 7 milliards de cartes, Union Pay est plus gros que Visa). Les sanctions contre la Russie boostent Union Pay et ne font de mal qu’à Visa et Mastercard.
Les problèmes vont demeurer après la guerre d’Ukraine. Ils se jouent entre l’Amérique et la Chine.
On arrête d’acheter le gaz russe ? Il est envoyé vers la Chine depuis 2019. Un premier gazoduc relie déjà la Chine à la Russie. Trois autres sont en cours d’avancement. La Chine va bientôt acheter l’équivalent de la moitié de la consommation européenne de gaz. La France se tourne à nouveau vers le nucléaire…

On est en train de se couper de la Chine. La logistique de Géodis arrête de traverser la Russie. AirFrance également. Il va y avoir des problèmes d’approvisionnement de produits chinois. Pour certains produits de mauvaise qualité, ce sera une bonne chose : on sera amené à relocaliser. L’appareil industriel ne va pas en premier lieu se reconstruire en France car les infrastructures ont été détruites. Cela se fera d’abord en Italie du nord, en Autriche. Investir dans des PME françaises et européennes sera ensuite envisageable.

Le Média en 4-4-2.

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