Après ses propos racistes contre Kylian Mbappé, Celeste Amarilla continue de parler. Beaucoup. Trop, probablement. Au Paraguay, le Sénat veut maintenant voter une déclaration pour préciser que ses sorties n’engagent ni l’institution, ni l’État paraguayen. Une sorte de “loi Mbappé”, mais en version communiqué de nettoyage après incendie.
On en est donc là : un match France-Paraguay, un penalty de Kylian Mbappé, une défaite paraguayenne, des insultes racistes publiées sur X, une réponse sèche et courtoise du capitaine des Bleus, une enquête à Paris, des communiqués officiels, l’ONU, la FFF, le Real Madrid, le gouvernement paraguayen… et maintenant le Sénat du Paraguay qui cherche à écrire noir sur blanc que Celeste Amarilla parle pour elle-même. Merci pour la précision, il était temps.
Selon ABC Color, le président du Sénat paraguayen, Basilio “Bachi” Núñez, a confirmé que plusieurs bancs travaillaient à un projet de déclaration. Le but est simple : dire officiellement que les propos de Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé “ne représentent pas la position institutionnelle du Sénat ni de l’État paraguayen”.
En clair : le Paraguay prend la serpillière diplomatique. Et il frotte vite.
Le Sénat paraguayen veut se désolidariser de Celeste Amarilla
Bachi Núñez a expliqué qu’il ne voulait pas entrer dans le duel personnel entre la sénatrice et Kylian Mbappé. Il a déclaré :
“Je ne vais pas m’impliquer dans la dispute Celeste-Mbappé. Le Sénat va se prononcer sur les propos d’une membre qui ne représente pas ce que pense le Sénat.”
Traduction sans dorure : elle a parlé, elle assume. Le bâtiment, les collègues, le drapeau et les tampons officiels aimeraient rester à bonne distance.
Le président du Sénat a aussi reconnu que l’épisode abîmait l’image du pays. Là encore, difficile de lui donner tort. Quand une élue transforme une défaite sportive en dossier international pour injures racistes, il devient compliqué de vendre l’idée d’un simple “malentendu de vestiaire”.
Le projet devrait donc rappeler que les déclarations de Celeste Amarilla ont été faites à titre personnel et que le Sénat rejette toute expression discriminatoire ou raciste. Ce n’est pas une loi au sens strict. Mais vu l’emballement, l’appeler ironiquement “loi Mbappé” ne serait presque pas exagéré.
Celeste Amarilla accepte… et continue de minimiser
Face à cette possible déclaration, Celeste Amarilla n’a pas crié au scandale. Elle a même répondu qu’elle pouvait demander elle-même qu’on le fasse. “Je peux même demander qu’ils fassent cela s’ils se sentent plus tranquilles”, a-t-elle lancé, toujours auprès d’ABC Color.
La sénatrice a aussi critiqué ceux qui, selon elle, voudraient “implorer le pardon de la France”. Voilà donc le niveau de défense : il ne s’agirait pas de condamner des propos racistes, mais de refuser une supposée humiliation diplomatique devant Paris. Pratique. On part de “chimpanzés” et “Camerounais colonisé”, on finit avec Voltaire et Rousseau dans un décor de souveraineté nationale.
Elle a ajouté : “Je crois que Mbappé n’a même pas lu mon post. Je pense que quelqu’un l’a utilisé.” Puis cette phrase, soigneusement taillée pour déplacer le sujet : “La France n’est pas la France de Mbappé. La France est la France de Voltaire. La France est la France de Rousseau.”
Magnifique. Après avoir insulté un Français noir en contestant son appartenance à la France, elle convoque deux philosophes français morts depuis longtemps pour expliquer que la France serait trop grande pour Mbappé. Les siècles passent, mais certains réflexes tiennent bon.
Le Paraguay l’a déjà lâchée officiellement
Avant même cette initiative du Sénat, le gouvernement paraguayen avait déjà pris ses distances. Dans un communiqué officiel publié le 6 juillet 2026, le ministère des Affaires étrangères du Paraguay a “déploré” et “rejeté” les propos de Celeste Amarilla, précisant qu’ils ne représentaient “ni la position du gouvernement de la République du Paraguay ni celle du peuple paraguayen”.
Autrement dit, même son propre pays lui dit gentiment : “Merci Celeste, mais ce colis ne nous appartient pas.”
Le communiqué paraguayen rappelle aussi l’engagement du pays contre le racisme, la xénophobie, l’intolérance et toute forme de haine. C’est sans doute le passage le plus embarrassant pour la sénatrice : quand votre gouvernement publie un texte officiel pour expliquer au monde que vous ne parlez pas en son nom, ce n’est plus une petite dispute de réseau social. C’est un avis de désolidarisation nationale.
FFF, Real Madrid, ONU, parquet de Paris : la liste commence à être longue
La Fédération française de football a qualifié les propos de Celeste Amarilla de “totalement abjects et inacceptables” et a annoncé un signalement au parquet. La FFF a ajouté que les joueurs de l’équipe de France “représentent la France” et que “c’est notre pays qui est insulté”.
Le Real Madrid, club de Kylian Mbappé, a lui aussi publié un communiqué. Le club espagnol y exprime son “rejet le plus catégorique” des déclarations “racistes et xénophobes” de la sénatrice paraguayenne, jugées “indignes d’une représentante politique”.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a parlé de propos “racistes et déshumanisants”, les qualifiant de “méprisables”. Quand même l’ONU se penche sur votre sortie de clavier après un match de football, c’est peut-être le signe qu’il fallait s’arrêter trois messages plus tôt.
Enfin, selon Le Parisien, le parquet de Paris a ouvert une enquête après la plainte de la FFF, notamment pour injure publique aggravée et provocation publique à la haine ou à la violence.
On peut donc résumer : le gouvernement paraguayen condamne, la FFF condamne, le Real Madrid condamne, l’ONU condamne, la justice française s’en saisit, le Sénat paraguayen cherche à se protéger. Et Celeste Amarilla, elle, continue de relativiser. À ce stade, ce n’est plus une ligne de défense. C’est une pelle mécanique.
Perchada la meuf…