Lucie Castets, désormais maire du 12e arrondissement de Paris, a donc pu célébrer l’ouverture du site de Bercy, présenté comme l’un des points forts de cette baignade estivale. Le slogan est simple : venez profiter de la Seine. La promesse est jolie. L’addition, elle, l’est beaucoup moins.
🔴🇫🇷💸 INSOLITE | Lucie Castets invite les Parisiens à se baigner dans la Seine.
Pour la Nomenklatura : la Corse
Pour les gueux : la Seine pic.twitter.com/rfimHQ8Z7v
— French Report (@french_report78) July 6, 2026
Car derrière les sourires, les photos de communication et les petits messages enthousiastes, il y a un chiffre qui flotte lourdement à la surface : 1,4 milliard d’euros investis dans le plan baignade pour rendre la Seine et la Marne compatibles avec les épreuves olympiques, puis avec une baignade publique vendue comme héritage des Jeux. Un milliard quatre cents millions d’euros. Pas une coquille. Pas une approximation de bistrot. Une somme assez vaste pour transformer une opération de dépollution en monument national du “ça va coûter un peu plus cher que prévu”.
Le chantier a mobilisé des bassins de stockage, des réseaux d’assainissement, des collecteurs, des raccordements à reprendre, des travaux sous Paris et toute une machinerie technico-politique emballée dans le papier cadeau des baignades autorisées dans la Seine. Le résultat officiel : trois zones aménagées et sécurisées. Le résultat visible : des bassins encadrés, une eau surveillée comme un suspect en garde à vue, et une baignade qui dépend toujours de la météo, des analyses et des seuils bactériologiques.
La Ville de Paris insiste sur les contrôles. La qualité de l’eau est analysée chaque jour afin de vérifier le respect des normes sanitaires. Une carte permet même de savoir si la baignade est ouverte ou fermée. C’est censé rassurer. On peut aussi y voir un aveu involontaire : si tout était aussi limpide que dans la brochure, il ne faudrait pas vérifier chaque matin si le fleuve peut accueillir des nageurs sans transformer leur après-midi en rendez-vous médical.
La Macronie adore ce genre de symbole. Des milliards, des travaux, des cérémonies, des déclarations solennelles, puis un ruban coupé devant les caméras. Tout cela pour expliquer au pays qu’il faut se réjouir : après les Jeux olympiques, Paris offre enfin au peuple la possibilité de se tremper dans le fleuve qu’il finance depuis des années. Le luxe pour les décideurs, la baignade expérimentale pour les contribuables.
Le site de Bercy, situé dans le 12e arrondissement, est présenté comme un espace gratuit avec deux zones de baignade et un solarium. Gratuit, vraiment ? Gratuit au guichet, peut-être. Mais les 1,4 milliard, eux, ne sont pas tombés du ciel avec les confettis olympiques. Ils sortent bien quelque part. Du contribuable, des collectivités, des budgets publics, de cette grande caisse magique où chaque promesse politique finit par se transformer en ligne de dépense.
Il faut reconnaître une chose : la communication est bien rodée. On ne parle plus de fleuve longtemps interdit à la baignade, d’eaux usées, de pluie qui complique tout, de bactéries surveillées ou de décennies de pollution. On parle d’héritage, de reconquête, de fraîcheur urbaine, de Paris qui se réapproprie son fleuve. C’est plus propre dans les communiqués que dans l’imaginaire collectif.
Lucie Castets hérite donc d’un décor parfait pour la gauche municipale : un dispositif “populaire”, “gratuit”, “écologique”, “inclusif”, mais financé à prix d’or par ceux qui n’ont pas demandé à transformer la Seine en piscine municipale sous contrôle sanitaire permanent. Le tout dans une capitale où l’on manque parfois de propreté élémentaire, de sécurité, de logements accessibles et de services publics qui fonctionnent sans mode d’emploi.
La Seine baignable devait être l’un des grands héritages des JO. Elle ressemble surtout à un résumé très français : un projet pharaonique, un coût astronomique, un résultat présenté comme historique, et une prudence sanitaire permanente pour éviter que la fête ne tourne au fiasco liquide. Le fleuve est peut-être plus surveillé qu’avant. Il n’est pas devenu pour autant une crique corse avec vue sur carte postale.
Le plus savoureux reste cette idée selon laquelle les Parisiens devraient applaudir. On a dépensé une fortune pour rendre possible ce qui reste conditionné à des analyses quotidiennes. On a vendu une promesse olympique, puis une attraction estivale. On a transformé une question d’assainissement en opération de communication. Et maintenant, chacun est invité à enfiler son maillot pour valider par sa présence le récit officiel.
Bienvenue dans le Paris d’après-JO : on paie d’abord, on applaudit ensuite, puis on consulte la carte pour savoir si l’eau est assez fréquentable aujourd’hui. La Seine est donc “baignable”, mais à la manière macroniste : chère, encadrée, fragile, très communiquée, et toujours accompagnée d’un astérisque sanitaire.
Bravo à la Macronie pour la facture. Bravo à la mairie de Paris pour l’emballage. Et bravo à Lucie Castets pour cette invitation estivale : après 1,4 milliard d’euros, les Parisiens peuvent enfin découvrir la joie moderne de nager dans un fleuve officiellement surveillé. C’est peut-être ça, le progrès : quand l’égout d’hier devient l’expérience urbaine de demain.
Sauf à contaminer la faune dont les rats , la flore et les déchets fécaux du plus grand égout de France, Lucie Castet, cérébralement défaillante, peut baigner son pu et ses miasmes à souhait. Le ticket pour l’Etat n’est que de 1.4 milliard d’Euro, une monnaie de singe.