Géopolitique sur gazon : l’Iran entre boycott et silence
La situation iranienne, elle, reste suspendue à un fil. Le 14 mars 2026, Ahmad Doyanmali, ministre des Sports, avait tonné : « La participation est inenvisageable après l’assassinat de notre leader par le gouvernement corrompu américain. » Pourtant, la Fédération iranienne, seule habilitée à déclarer forfait, n’a toujours pas officialisé sa position. À Téhéran, le débat fait rage : boycott total pour certains, opportunité médiatique pour d’autres. Mehdi Taj, président de la Fédération et ancien membre des Gardiens de la Révolution, joue la montre. « La décision revient aux plus hautes instances », répète-t-il, comme pour gagner du temps. Un temps que la FIFA, elle, semble prête à exploiter.
Infantino, Trump et l’art de la soumission
Gianni Infantino, lui, affiche une neutralité de façade. « L’Iran est bien sûr la bienvenue », a-t-il assuré après une rencontre avec Trump. Une déclaration rapidement contredite par le principal intéressé : « Je ne pense pas que ce soit approprié pour leur propre vie et leur sécurité », a lâché l’ex-président sur Truth Social. Un échange qui résume à lui seul la relation ambiguë entre la FIFA et Washington. Depuis le FIFAGate — dont les enquêtes avaient débuté non loin de Trump Tower —, l’instance a perdu une grande partie de son indépendance. Déménagement partiel à Miami, attribution du Mondial 2026 à l’Amérique du Nord… Les signes d’une mainmise américaine sont nombreux. Sans oublier ce « Prix FIFA pour la Paix », spécialement créé pour Trump. Une ironie de plus dans un dossier où le football n’est qu’un prétexte.
La FIFA, arbitre ou complice ?
Rien n’est encore acté. L’article 6.7 du règlement donne à la FIFA « pleine discrétion » pour choisir un remplaçant en cas de forfait. Une latitude qui, dans le contexte actuel, ressemble furieusement à une carte blanche. « Aucune décision officielle n’a été prise », répète-t-on du côté de Zurich. Pourtant, les dés semblent jetés : entre les pressions américaines, les divisions iraniennes et les rêves italiens, la Coupe du monde 2026 s’annonce comme un tournoi où les enjeux dépasseront largement le cadre sportif. Le football, une fois de plus, servira de terrain de jeu à des puissances qui n’ont que faire des règles. Le coup d’envoi est donné. Reste à savoir qui en sortira vainqueur.
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