Un père brisé, un enfant martyr : le récit des faits
Les événements se seraient déroulés les 19 ou 20 mars, près du camp de réfugiés d’Al-Maghazi, dans la bande de Gaza. Osama Abu Nassar, déjà psychologiquement fragilisé après la perte de son cheval – sa seule source de revenus –, sort avec son fils pour acheter des vivres. Interceptés sous les tirs israéliens, ils deviennent les protagonistes d’un cauchemar.
Des témoins, relayés par le journaliste palestinien Osama Al-Kahlout et la chaîne Palestine TV, décrivent une scène d’une violence inouïe : les soldats auraient ordonné au père de poser l’enfant à terre, de se déshabiller, puis de s’approcher d’un checkpoint. Le bébé, lui, aurait été emmené à l’écart et soumis à des séances de torture en présence de son père :
. Brûlures de cigarettes sur les jambes
. Piqûres et enfoncement d’un clou métallique dans la chair
Des photos et vidéos, accompagnées d’un rapport médical palestinien, attestent de ces séances. La mère, interrogée par TRT Arabi, résume l’horreur : « Ils ont torturé notre fils. » L’enfant, rendu au marché d’Al-Maghazi via le CICR, présentait un visage livide, des tremblements, et une fièvre persistante. Il a été pris en charge à l’hôpital Al-Aqsa.
Cette version, reprise par Al Jazeera, TRT World et Anadolu Agency soulève une question : pourquoi l’IDF ne dément-elle pas ?
Je viens d’apprendre une horreur.
Des soldats israéliens ont enlevé un bébé de 18 mois, l’ont torturé devant son père pour lui faire avouer des faits. Selon des témoignages locaux et familiaux, et un rapport médical à l’appui, ils lui ont brûlé la jambe avec des cigarettes,… pic.twitter.com/HpCTUWvOBx
— 𝕋o𝕄y 𝕃e 𝕄a𝕘n𝕚f𝕚q𝕦e (@MagnifiqueTomy) March 22, 2026
L’IDF et l’art du silence complice
Contrairement à d’autres affaires, l’armée israélienne n’a ni confirmé ni infirmé ces accusations. Aucun démenti, aucune explication alternative (comme l’accusation récurrente d’utilisation d’enfants comme boucliers humains), aucune vidéo officielle pour contredire les images des blessures. Aucune enquête interne n’a été annoncée.
Ce mutisme, dans un contexte où chaque accusation de crime de guerre est systématiquement exploitée par les deux camps, est révélateur. L’absence de réponse est une réponse.
Le moment où Karim, 18 mois, a été rendu à la Croix-Rouge. Après des heures de détention. Après avoir été torturé pour faire avouer son père.
On l’a brûlé, piqué, mutilé. Et quand ils ont fini, ils l’ont remis à la Croix-Rouge. Comme si c’était normal.
Voilà ce qu’ils appellent… https://t.co/rzvps9gS7k pic.twitter.com/AHpmFJuFBh
— 𝕋o𝕄y 𝕃e 𝕄a𝕘n𝕚f𝕚q𝕦e (@MagnifiqueTomy) March 25, 2026
Des preuves, mais pas de justice
À charge : témoignages concordants, rapport médical, images des lésions.
Manquants : confirmation du CICR, enquête de l’ONU ou d’une ONG neutre.
Pour l’instant, cette histoire reste une accusation grave, massivement relayée, mais non confirmée par une enquête indépendante. Elle suscite une indignation mondiale, mais aussi une question lancinante : pourquoi l’Occident, prompt à condamner d’autres régimes, ferme-t-il les yeux sur Israël ?
Si de nouveaux éléments émergent (rapport du CICR, enquête de l’ONU), l’affaire pourrait basculer. En attendant, elle rappelle une réalité cruelle : à Gaza, les enfants paient le prix de l’impunité organisée.
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