Madagascar dans la tourmente : Le président Rajoelina évacué sous protectorat français

Le président malgache Andry Rajoelina a quitté précipitamment Madagascar le 12 octobre à bord d’un appareil militaire français, scellant ainsi une entente discrète avec l’Élysée. Cette exfiltration, aussi opportune que suspecte, survient alors que la colère de la jeunesse malgache embrase Antananarivo, exaspérée par des mois de pénuries et un pouvoir aux abois.

mise à jour le 14/10/25

La jeunesse malgache a gagné la rue ; le pouvoir, responsable de 22 mots, a pris l’avion, sauvé par Macron.

Une fuite orchestrée

Selon des sources bien informées, Rajoelina a gagné Sainte-Marie par hélicoptère avant de transiter vers La Réunion via un avion français. Opération expéditive, menée sans témoin, comme il se doit pour ce genre de tractations. Il aurait ensuite mis le cap, avec les siens, vers une destination confidentielle – sans doute Dubaï, refuge habituel des potentats en déroute.

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RFI confirme la manœuvre, fruit d’un dialogue direct entre Rajoelina et Emmanuel Macron. Paris, soucieux de sauver les apparences, invoque une simple « évacuation humanitaire » pour un ressortissant binational, niant toute ingérence. Une fiction qui ne trompe que ceux qui veulent bien s’y laisser prendre.


L’implosion d’un régime

La crise, couvant depuis fin septembre, a basculé avec la mutinerie du Capsat les 11 et 12 octobre. Des militaires ont fraternisé avec la rue, provoquant des scènes d’allégresse dans la capitale. L’armée, divisée, contrôle désormais des points stratégiques, tandis que le ministre des Armées entérine un nouveau chef d’état-major issu des rangs insurgés – aveu implicite de l’effritement du pouvoir.

Le 13 octobre, la place du 13-Mai vibrait au son des célébrations, en présence de l’ancien président Ravalomanana – victime passée des ambitions de Rajoelina – et des meneurs de la Génération Z. La revanche de l’histoire, en somme.



Le double discours de l’exilé

Dans une vidéo postée depuis un « lieu sûr », Rajoelina a dénoncé une « tentative de meurtre » et un « coup d’État », appelant à la « Constitution » et à l’ »entente ». Belle ironie pour celui qui, en 2009, renversa Ravalomanana par un putsch. Son absence à une cérémonie officielle le jour même démentait ses déclarations sur un hypothétique retour.

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Résonances d’une collusion

En France, le député Aurélien Taché (LFI) a fustigé un Macron « protecteur de tyrans », dénonçant une « honte ». Cette exfiltration ravive en effet les vieux démons de la Françafrique : Paris volant une fois de plus au secours d’un allié mal en point, au mépris des aspirations populaires.

À Antananarivo, la détermination ne faiblit pas. « On ne lâchera rien tant qu’il sera là », lance une manifestante, résumant l’exaspération d’un peuple las de la misère et de la corruption. Les appels à une transition constitutionnelle se multiplient, portés par des figures comme le colonel Randrianirina.

Si l’épicentre de la crise reste incertain, l’ombre de Dubaï plane sur les prochains jours. Le sort de Madagascar se joue désormais entre militaires, politiques et une jeunesse qui refuse de se taire. La communauté internationale, l’Union africaine en tête, observe, redoutant les contagions.

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