Après plusieurs années d’attente, Zinédine Zidane est enfin devenu le sélectionneur de l’équipe de France. La Fédération française de football a officialisé sa nomination à l’issue d’un comité exécutif, avant une conférence de presse organisée aux côtés du président Philippe Diallo. Son contrat court pendant quatre saisons, jusqu’à la Coupe du monde 2030.
Visiblement ému au moment de retrouver les Bleus, Zidane n’a pas caché que ce poste constituait son objectif depuis son départ du Real Madrid. L’ancien numéro 10 assure avoir reçu plusieurs propositions au cours des cinq dernières années, sans jamais leur donner suite : « Je les ai toutes refusées pour l’équipe de France. C’est la seule chose que je voulais faire après mon expérience avec le Real Madrid. »
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Zidane succède à Didier Deschamps après quatorze années
La présentation du nouveau sélectionneur a aussi marqué la fin d’une longue période pour le football français. Didier Deschamps dirigeait les Bleus depuis 2012. Sous ses ordres, la France a remporté la Coupe du monde 2018 et atteint la finale du Mondial 2022. Philippe Diallo lui a rendu hommage, rappelant qu’il avait redressé une sélection très affaiblie après le fiasco de Knysna.
Zidane a lui aussi salué son ancien coéquipier de 1998 : « Je voudrais bien sûr féliciter “DD” pour ces quatorze années remarquables. Bravo pour ce que tu as fait. Tout le monde est reconnaissant. » Le nouveau sélectionneur ne cherche pourtant pas à reproduire la méthode de son prédécesseur. Il résume la transition avec une formule directe : « Laurent Blanc, c’était Laurent Blanc, DD, c’est DD et Zizou, c’est Zizou. »
Philippe Diallo affirme avoir pris contact avec lui dès février 2025, peu après l’annonce du futur départ de Deschamps. Plusieurs rencontres ont ensuite permis de préparer son arrivée. Pour le président de la FFF, le choix de Zidane doit permettre de prolonger la période de résultats ouverte depuis plus d’une décennie, mais aussi de rapprocher les Français de leur équipe nationale.
Un projet inspiré de ses années au Real Madrid
Sur le terrain, le nouveau patron des Bleus ne promet pas de révolution immédiate. Il compte reprendre les principes qui ont accompagné ses succès au Real Madrid, où il a notamment remporté trois Ligues des champions consécutives. « Oui, ça ressemblera à ce que j’ai fait au Real Madrid. L’équipe de France est la suite pour moi », a-t-il expliqué.
Son goût pour un football offensif reste au centre de son discours. « Je suis animé par le jeu. J’ai été un numéro 10. Ce qui m’anime, c’est de marquer des buts », affirme Zidane, tout en insistant sur la nécessité de conserver un équilibre collectif. Il estime disposer d’un groupe suffisamment riche pour construire une équipe capable de jouer, de maîtriser ses rencontres et de conserver l’efficacité acquise ces dernières années.
Son équipe technique est déjà presque constituée. Elle devrait reprendre une grande partie du personnel qui l’accompagnait à Madrid, avec deux ou trois nouveaux arrivants. Zidane assume cette fidélité envers des collaborateurs avec lesquels il a remporté onze trophées sur le banc du club espagnol.
La Turquie comme premier rendez-vous
Le calendrier va rapidement placer le nouveau sélectionneur sous pression. Les Bleus disputeront quatre rencontres de Ligue des nations en onze jours : un déplacement en Turquie le 25 septembre, un match en Belgique le 28 septembre, puis deux réceptions face à l’Italie et aux Belges les 2 et 5 octobre.
Zidane refuse pour l’instant de se projeter sur un éventuel duel avec l’Espagne. Sa priorité est déjà fixée : « Mon premier objectif, c’est la Turquie. » Cette longue période internationale lui permettra de travailler près de trois semaines avec ses joueurs, un temps inhabituellement important pour un sélectionneur qui prend ses fonctions.
Le technicien n’a pas encore échangé avec Kylian Mbappé ni avec les autres cadres de la sélection. Les premiers entretiens auront lieu avant le rassemblement de septembre. « J’ai des joueurs et une équipe extraordinaires à ma disposition. Il faut que je voie les joueurs, que je leur explique mon projet de jeu et ce que nous allons faire ensemble », a-t-il précisé.
Un message contre le racisme et un soutien à Christophe Gleizes
Interrogé sur le racisme, Zidane a répondu en revenant sur son enfance et sur la diversité du quartier dans lequel il a grandi : « Nous sommes tous des êtres humains. Il faut combattre le racisme, c’est ce que nous essayons tous de faire à notre manière. » Une prise de parole qui intervient après les attaques racistes récemment dirigées contre Kylian Mbappé.
Le nouveau sélectionneur a également apporté son soutien au journaliste sportif Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie. « Je veux simplement qu’il puisse rentrer chez lui pour être avec sa famille », a déclaré Zidane. La FFF s’est associée depuis plusieurs mois aux appels demandant sa libération, également portés par Reporters sans frontières et plusieurs clubs français.
Avant de parler de football, Zidane avait commencé son intervention par un message adressé aux pompiers, aux agriculteurs et aux familles touchées par les incendies. Une attention particulière alors que de violents feux ont frappé les Landes et la Gironde au cours des derniers jours.
Vingt-huit ans après le titre mondial de 1998, Zidane retrouve donc l’équipe de France dans un nouveau rôle. Cette fois, il ne portera plus le numéro 10 : il devra choisir les joueurs, fixer une direction et assumer les résultats. « Je suis prêt à relever le défi », assure-t-il. Son premier mois à la tête des Bleus permettra déjà de voir quelle forme prendra cette nouvelle période.
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