Netanyahou, metteur en scène d’une tragédie annoncée
Le 11 février 2026, dans la Situation Room de la Maison-Blanche, le Premier ministre israélien a déployé tout son talent de showman. Pendant une heure, il a étalé devant Trump et son équipe un plan en quatre actes, digne des pires scénarios de propagande :
- Élimination du Guide suprême iranien ;
- Destruction de l’armée iranienne ;
- Révolution populaire spontanée (un concept déjà discrédité par l’histoire) ;
- Installation d’un régime fantoche pro-occidental, avec en figure de proue Reza Pahlavi, fils de l’ancien shah, star d’un montage vidéo digne d’une campagne électorale.
Trump, séduit par le spectacle, aurait simplement lâché un « Sounds good to me » (« Ça me convient ») avant de valider l’opération. Aucun débat, aucune analyse critique : juste l’instinct d’un homme convaincu que la guerre se gagne comme on vend un épisode de The Apprentice.
Les services de renseignement, spectateurs impuissants
Dès le lendemain, la CIA et le renseignement américain ont démonté le récit israélien. John Ratcliffe, alors directeur du renseignement national, a qualifié les promesses de révolution et de changement de régime de « farce ». Marco Rubio, présent lors de la réunion, a résumé l’atmosphère en un mot : « Bullshit. »
Seul JD Vance, vice-président, a osé s’opposer frontalement, mettant en garde contre les risques :
- Effondrement de la coalition politique de Trump ;
- Blocus du Détroit d’Ormuz ;
- Représailles iraniennes imprévisibles.
Mais dans l’Amérique de Trump, les objections sont des détails. Susie Wiles, cheffe de cabinet, a préféré se taire, estimant que ce n’était « pas son rôle » de contester une décision militaire. Quant au général Caine, il a exposé les failles logistiques (munitions insuffisantes, absence de stratégie de sortie) avant de conclure, résigné : « Si vous ordonnez l’opération, l’armée exécutera. »
Trump, lui, n’a retenu que ce qui arrangeait son récit.
La signature d’un désastre, à 22 minutes près
L’ordre d’opération, baptisé « Operation Epic Fury », a été signé à bord d’Air Force One, 22 minutes avant la deadline imposée par ses propres généraux. Le message était clair : « No aborts. Good luck » (« Plus de retour en arrière. À vous de jouer »). Aucun retour en arrière possible. Aucune place pour le doute.
Une gouvernance par l’impulsivité
Au-delà des révélations, l’article du New York Times dessine le portrait d’une présidence où l’image prime sur la raison, où un allié étranger a plus de poids que les services de renseignement, et où la guerre se décide comme on commande un burger. Une question persiste : comment la première puissance mondiale peut-elle basculer dans un conflit majeur sur un coup de tête, sans débat, sans stratégie, sans même l’ombre d’un plan B ?
L’article complet, « How Trump Took the U.S. to War With Iran », est disponible ici. Une lecture édifiante pour quiconque s’interroge sur les mécanismes de l’impérialisme contemporain.
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