Rejeté par cinq pays, un lot de vaccins AstraZeneca réapparaît en France

18 mars 2021 | Économie, Politique, Santé

Des doses du lot du vaccin AstraZeneca ABV 5300, ont été retirées par cinq pays dEurope (trois pays baltes, Luxembourg et Autriche. ). Le lot incriminé a été retiré après le décès d’une infirmière autrichienne de 49 ans lié à « de graves troubles de la coagulation », quelques jours après avoir été vaccinée, et un cas d’embolie pulmonaire chez l’une de ses collègues. Eh bien, rien ne se perd. Il faut croire que la France a récupéré ce lot dans une poubelle.

A Blois, à Paris et dans les Pyrénées-Orientales le lot suspect a été injecté

Les habitants de Blois ont en profité le week-end des 6 et 7 mars 2021. Et ils ne sont pas les seuls privilégiés à avoir reçu une injection de ce lot suspect. Le même week-end, une opération de vaccination massive avait été proposée aux habitants éligibles des Pyrénées-Orientales. A Thuir, au moins dix personnes ont reçu une dose, chaque fiole d’AstraZeneca en contenant dix. Josiane à Toulouse, Michel à Cornebarrieu et Gérard à Thuir dans les Pyrénées-Orientales ont été vaccinés avec ce lot « suspect ». Le 5 mars, ce sont deux infirmières parisiennes qui ont eu droit à des vaccins du même lot. Aucun suivi de leur état n’est prévu. Aucune certitude sur la possibilité de recevoir la seconde injection AstraZeneca.

Une seconde injection sera-t-elle possible ?

Toujours vivants, certains vaccinés restent confiants et attendent la seconde injection, d’autres s’inquiètent. Quant aux pharmaciens, ils attendent de pouvoir injecter une seconde dose. Les attentes sont donc diverses et la vaccination AstraZeneca est suspendue au feu vert de l’Agence européenne des médicaments.
Le 11 mars, Olivier Véran s’est voulu rassurant en noyant le poisson : « L’Italie a décidé de suspendre un lot seulement de ces vaccins pour analyse. Un lot qui n’est pas utilisé sur le territoire français » — sans évoquer le lot ABV5300 qui a été suspendu en Autriche et qui est bel et bien utilisé en France.

Le 12 mars, l’ANSM, elle, a reconnu les faits et l’« l’existence de cas autrichiens de thromboses multiples ayant conduit à la suspension du lot ABV5300 ». Elle précise néanmoins que « au regard des données disponibles, rien ne permet de conclure que cet effet soit en lien avec le vaccin ».

L’Allemagne dicte la politique sanitaire française

Après la décision de suspendre la vaccination d’AstraZeneca par le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et lIslande, en France Emmanuel Macron disait attendre lavis de l’Agence européenne du Médicament. L’Allemagne a emboîté le pas lundi 15 mars et sa pression a dicté la conduite du gouvernement français. Preuve, s’il en était besoin, que la stratégie sanitaire est plus une stratégie politique que sanitaire.