Santé

Pénurie de masques FFP2 : Comment un seul cas d’hantavirus suffit à faire paniquer le troupeau

On étouffe déjà. À peine un cas d’hantavirus des Andes signalé, et voilà les Français qui se précipitent sur les masques FFP2 comme s’il s’agissait de la dernière bouteille d’eau avant l’apocalypse. La demande a été multipliée par cinq en une semaine, celle des masques chirurgicaux par quatre, selon les chiffres relayés par les médias. Les grossistes-répartiteurs, ces héros discrets de la logistique pharmaceutique, ne suivent plus. Les livraisons se font rares, les stocks s’évanouissent, et les prix, bien sûr, s’envolent. Des internautes ont déjà constaté une hausse de 10 euros sur les boîtes habituelles. La France, toujours prompte à anticiper… les pénuries.

mise à jour le 16/05/26

L’hantavirus n’a fait aucune victime, mais la bêtise humaine, elle, est toujours en forme.

Les autorités, ces éternels rassureurs

Pourtant, les mêmes autorités sanitaires qui, en 2020, nous avaient juré que les masques en tissu étaient une barrière infranchissable avant de se rétracter toutes les quarante-huit heures, tentent aujourd’hui de calmer le jeu. Le président, la ministre de la Santé Stéphanie Rist et leur cour assurent que les cas contacts ont été testés négatifs, que le risque d’une épidémie reste « hypothétique », et qu’un stock stratégique existe. Parole d’expert, donc. On respire.

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Le réflexe pavlovien, cette vieille habitude

Mais le conditionnement médiatique, lui, résiste au temps. Alexandra Henrion-Caude, cette chercheuse qui a le tort de ne plus être invitée sur les plateaux télévisés depuis 2021, ironise sur X : « #tatavirus ». Traduction : six ans après le Covid, les Français restent des moutons dociles, prêts à enfiler un masque au premier éternuement suspect. Un cas ? Masques. Deux cas ? Confinement. Trois cas ? On ressort les attestations. La partition de la peur est connue par cœur.

Les fabricants, grands gagnants de la psychose

Du côté des industriels, c’est l’euphorie. L’entreprise PRISM, qui fournit près de 20 % des hôpitaux français, voit ses commandes exploser : l’équivalent de quatre mois de production normale a été commandé en quelques jours. Audrey Lecoq, fondatrice de Pharmazon, résume avec une sobriété désarmante : « La fabrication est limitée en France. On n’a pas beaucoup de stocks, donc on se retrouve avec des pénuries. Cela va durer quelques jours. » Une aubaine pour l’économie des protections faciales, qui n’a jamais eu besoin de crise pour prospérer.

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Les pharmaciens, témoins de l’absurde

Pendant ce temps, les pharmaciens assistent, médusés, au défilé de clients inquiets, armés de questions sur la protection et la transparence gouvernementale. On les comprend : après les promesses de stocks illimités, les masques périmés importés de Chine, et les ministres qui changeaient d’avis plus souvent que de chemise, la confiance est au plus bas. Ou peut-être au plus haut, si l’on considère que les Français continuent de croire en leurs dirigeants.

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La leçon ? Il n’y en a pas

Bref, l’hantavirus des Andes n’a pas encore fait de victime que la France se prépare déjà à la prochaine grande opération « sauvez-nous avec une muselière sur le visage ». Les autorités rassurent, les médias effraient, les Français courent. Rien n’a changé. Surtout pas cette manie de tirer les leçons… pour mieux les oublier.

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