L’échange s’est durci le 15 juillet 2026. Accusé par Jean-Luc Mélenchon d’avoir réduit les moyens consacrés aux avions bombardiers d’eau, Gabriel Attal a qualifié ces affirmations de « n’importe quoi ». L’ancien Premier ministre a également reproché au dirigeant de La France insoumise de faire du « trumpisme » en déformant son bilan.
Mélenchon a répliqué quelques heures plus tard en renvoyant Gabriel Attal au décret n° 2024-124 du 21 février 2024. « Nous n’accuserions pas sans preuve. Nous voulons une campagne propre et argumentée. Puisse Attal lui-même en faire autant », a-t-il écrit.
Le texte publié au Journal officiel porte bien la signature de Gabriel Attal, alors Premier ministre. Il annule 10 milliards d’euros d’autorisations d’engagement dans l’ensemble du budget de l’État. Dans le détail, le programme 161 consacré à la sécurité civile perd exactement 52 766 476 euros, soit 52,8 millions d’euros, couramment arrondis à 53 millions.

Une coupe budgétaire directement liée à deux appareils
Un document publié sur le site du Sénat indique que les 52,7 millions d’euros supprimés devaient participer à l’achat de nouveaux appareils. Le calendrier initial prévoyait l’acquisition de quatre Canadairs en 2024. Après l’annulation des crédits, seuls deux d’entre eux ont été maintenus.
La Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, interrogée par Les Surligneurs, a confirmé que la baisse budgétaire avait conduit l’État à renoncer, au moins temporairement, à deux avions supplémentaires.
La décision a supprimé les crédits nécessaires et provoqué l’abandon de la commande envisagée : deux Canadairs prévus n’ont pas été achetés à ce moment-là.
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Les deux Canadairs finalement commandés avec plusieurs années de retard
L’achat abandonné en 2024 a depuis été remis sur les rails. Deux nouveaux appareils financés par la France ont été commandés, mais leurs livraisons ne sont annoncées que pour 2032 et 2033. La flotte française devrait alors compter quatre DHC-515 neufs : deux issus du programme européen et deux payés sur le budget national.
Ce calendrier reste très éloigné des promesses faites après les incendies de 2022. Emmanuel Macron avait annoncé le remplacement des douze Canadairs vieillissants et l’ajout de quatre appareils supplémentaires. Dans l’intervalle, la sécurité civile continue de travailler avec une flotte ancienne, régulièrement immobilisée pour des opérations de maintenance.
En présentant les accusations de Mélenchon comme une invention, Gabriel Attal évite donc une partie essentielle du dossier. Le décret existe, la coupe de 52,7 millions d’euros est inscrite noir sur blanc et ses conséquences sur les deux avions ont été confirmées par l’administration. La discussion peut porter sur le mot « commande » et sur le stade exact auquel se trouvait la procédure, mais pas sur la disparition des crédits ni sur l’abandon qui a suivi.
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