Rafi Eitan, ancien officier du Mossad, a décrit avec une tranquillité déconcertante l’élimination du major Alexander Israel dans les années 50. Soupçonné de trahison pour avoir vendu des secrets à l’Égypte, l’officier a été attiré à Paris par un subterfuge, kidnappé puis embarqué dans un avion pour Israël. « On lui a administré un sédatif et il en est mort », déclare-t-il, avant d’ajouter, sur la question du cadavre : « Il a été jeté à la mer à la fin de la journée. »
L’impunité comme doctrine d’État
Interrogé sur les éventuels remords que pourrait susciter un tel acte soixante-dix ans après, la réponse du vieil agent est sans équivoque : « Rien ne me dérangeait à l’époque pour atteindre nos objectifs. » Cette absence totale de culpabilité, couplée à la précision clinique du récit, illustre une culture de l’impunité où la fin justifie tous les moyens. Le Mossad, appareil répressif sans contrôle, s’est arrogé le droit de vie et de mort bien au-delà de toutes les frontières, physiques comme morales.
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