Géopolitique

Norvège : L’ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland arrêté après la levée de son immunité dans l’affaire Epstein

L’ombre tentaculaire de Jeffrey Epstein continue de gangrener les allées du pouvoir, et c’est désormais au cœur de la "vertueuse Norvège" que la putréfaction fait irruption. Thorbjørn Jagland, ancien Premier ministre, ex-secrétaire général du Conseil de l’Europe et gardien autoproclamé de la flamme du Prix Nobel, se retrouve aujourd’hui dans le box des accusés, empêtré dans les filets de la pédocriminalité mondaine.

mise à jour le 15/02/26

Alors que les langues se délient et que les documents s’amoncellent, le conte de fées norvégien vire au cauchemar judiciaire avec la mise en examen de son ancien Premier ministre.

Les dernières publications du Département de la Justice américain ont exhumé des échanges et des séjours, soigneusement planifiés entre 2011 et 2018, de Jagland et de sa famille dans les antres de la débauche d’Epstein. La mécanique judiciaire norvégienne, via l’unité anticorruption Økokrim, s’est mise en branle pour un soupçon de « corruption aggravée », une formule polie pour désigner la compromission d’un homme d’appareil.

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Le crépuscule d’un « grand ami »

L’affaire a tout du vaudeville macabre. Jeffrey Epstein, le financier officiellement mort en laissant derrière lui un fumier de scandales, collectionnait les puissants comme d’autres les papillons. Les documents, fraîchement déclassifiés, attestent que Jagland, bien après la première condamnation d’Epstein pour offenses sexuelles sur mineure, se rendait en pèlerinage dans ses résidences de Paris, New York ou Palm Beach. Le 12 février, la levée de son immunité diplomatique par le Conseil de l’Europe a ouvert les vannes : perquisitions à Oslo et dans ses propriétés rurales, inculpation formelle, interrogatoire. Lui, l’homme de 75 ans, nie en bloc, opposant la posture de la coopération vertueuse à un passé moins reluisant. En cas de condamnation, la loi norvégienne lui promet une décennie derrière les barreaux.

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Dans la même nasse, on retrouve d’autres figures du gotha, comme la princesse héritière Mette-Marit et le diplomate Terje Rød-Larsen. Ironie de l’histoire, l’enquête exhume aussi les liens de Jagland avec des cercles pro-russes, lui qui œuvrait à réintégrer Moscou au Conseil de l’Europe après l’annexion de la Crimée.

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L’effondrement d’une illusion d’intégrité

La Norvège, ce pays qui se targue de l’incorruptibilité de ses élites, encaisse un choc sismique. Elle devient le premier État à traduire en justice des révélations des « Epstein Files ». On y découvre l’usage diabolique que le prédateur faisait du prestige Nobel, lui qui, dans un courrier, qualifiait Jagland de « grand ami ». L’enquête, désormais, poursuit son chemin. Elle promet de révéler l’étendue des ramifications européennes d’un réseau dont on n’a pas fini de compter les victimes et les complices.

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