Liberté d’expression en péril : Soutien à Michel-Ange Flori, le satiriste de nouveau poursuivi par la macronie

Michel-Ange Flori, afficheur varois et satiriste impénitent, sera de nouveau confronté à la machine judiciaire le 24 octobre 2025 au tribunal correctionnel de Toulon. Initialement prévu le 10 septembre, son procès pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion » ressemble davantage à une mise en scène de la censure qu’à un exercice de justice. Derrière le paravent des bonnes intentions, c’est bien la satire politique que la macronie cherche à étouffer.

mise à jour le 22/10/25

La République défend la liberté d’expression. Sauf quand ça la dérange.

L’affiche qui dérange : quand la critique se fait missile

En juin 2025, Michel-Ange Flori placarde sur son fameux panneau toulonnais une image sans concession : un missile à tête de rabbin, surmonté de la mention « Missile rabbin pour écoles, hôpitaux, etc. ». Une charge explicite contre les frappes israéliennes à Gaza, aussitôt retirée des réseaux sociaux sous la pression. L’intention, pourtant, ne prête guère à équivoque : il s’agit de dénoncer ce que Michel-Ange Flori nomme un génocide, non de s’en prendre à une confession. La satire vise un État et sa politique, non une communauté.

Le Crif, la Licra et l’Observatoire juif de France y voient pourtant de l’antisémitisme. Le préfet du Var saisit le parquet, la police judiciaire enquête. Résultat : des poursuites qui sentent bon l’intimidation. Depuis Hara-Kiri, la tradition satirique française assume sa brutalité comme une forme de lucidité. Accuser Michel-Ange Flori de haine, c’est confondre le trait d’esprit avec un coup de couteau. Si critiquer Israël relève du délit, que reste-t-il de la liberté d’expression ? Un droit fantôme, réservé aux tièdes.


Michel-Ange Flori devant les tribunaux : itinéraire d’un irréductible

Ce n’est pas la première escarmouche judiciaire de l’afficheur. En mars 2025, il est relaxé pour son « Rabbi Macron » – le parquet a fait appel. En 2021, 10 000 euros d’amende pour un Macron en Hitler, condamnation qui interroge sur la tolérance de l’État face à la caricature. En 2022, la Cour de cassation lui donne raison dans une affaire d’injure publique, lui offrant même l’occasion de porter plainte contre le président.

Ces épisodes forment un tout cohérent : Michel-Ange Flori s’attaque aux symboles du pouvoir, et le pouvoir répond par la procédure. Pourtant, la justice, parfois, lui donne raison. L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme protège la satire, même la plus corrosive. Michel-Ange Flori ne prêche pas la violence ; il réveille les consciences. Dans un paysage médiatique aseptisé, ses panneaux sont des brûlots de liberté.

La procédure bâillon : un pouvoir qui s’inquiète

Le 21 octobre 2025, Michel-Ange Flori alerte sur X : le préfet aurait fait pression sur un journal local pour modifier un article. Le directeur et un journaliste sont convoqués à l’hôtel de police. « Je suis l’objet d’une nouvelle tentative de procédure bâillon », dénonce-t-il, accompagnant son message d’une photo de son dernier panneau : « À Toulon, la liberté d’expression est-elle menacée ? » La question, désormais, vaut réponse.



Une inégalité raciale devant la loi

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : la criminalisation croissante de la critique d’Israël en France, au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Michel-Ange Flori n’est ni l’un ni l’autre ; il est antisioniste, anticolonialiste, et refuse la guerre. Le 19 septembre 2025, le ministre de la Justice démissionnaire Gérald Darmanin a adressé une circulaire aux parquets : « la circonstance aggravante prévue par le Code pénal doit être systématiquement retenue » lorsqu’un acte est motivé par l’antisémitisme. 
 Défendre le droit de Michel-Ange Flori à s’exprimer, c’est préserver le nôtre.


Le 24 octobre : une date pour la satire

Le 24 octobre 2025 ne sera pas qu’une audience de plus. Si Michel-Ange Flori est condamné, la satire devra se résigner à n’être qu’un folklore inoffensif. S’il est relaxé, ce sera une victoire pour tous ceux qui croient encore que la liberté d’expression n’est pas négociable.

Michel-Ange Flori est un empêcheur de tourner en rond, et c’est précisément pour cela qu’il mérite d’être défendu. La liberté, disait-il, ne se donne pas. Elle se prend.

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