Les 29 millions de doses d’AstraZeneca cachées en Italie étaient destinées aux Etats-Unis

1 avril 2021 | Économie, Santé, Société

À la demande de la Commission européenne, les forces de sécurité italiennes ont inspecté les 20 et 21 mars les entrepôts de l’usine américaine Catalent à Anagni, près de Rome. Dans ses réfrigérateurs ils ont découvert quelque 29 millions de doses de vaccin AstraZeneca dont personne ne savait rien…

L’Europe recevra 100 millions de doses au lieu des 300 millions prévus par contrat

Début mars, AstraZeneca avait déjà réduit son objectif de livraison à l’UE d’ici à la fin juin à 100 millions de doses, contre 300 millions prévus par contrat.

Dans le site de production de West Chester dans l’Ohio, 30 millions de doses du vaccin Astrazeneca commandées par l’Europe dorment, alors que le vaccin n’est toujours pas autorisé aux États-Unis. ils vont peut-être continuer à dormir car les doutes s’accumulent sur son efficacité.

29 millions de doses devaient être expédiés en Europe

Catalent affirme exporter les vaccins directement  et uniquement vers les Pays-Bas avec la destination Covax (c’est-à-dire à destination des pays pauvres, sous supervision de l’OMS) et vers la Belgique pour les destinations européennes. Il n’y a pas d’autres bénéficiaires, qu’on se le dise ! 

L’entreprise nie toute exportation vers les États-Unis

À la question de savoir pourquoi l’entrepôt d’Anagni ne contient plus les matériaux ferreux qu’il abritait, la société Catalent répond que « le 23 janvier, environ 25 tonnes d’agrégats ont été jetées dans une décharge à Terni ». Elle présente des factures, mais exclut toute exportation de fer et d’acier vers les États-Unis ou vers tout autre pays en dehors de l’Italie. Or des exportations de fer et d’acier vers les États-Unis, il y en a eu, selon la déclaration d’exportation. Elles ont fini à 7 000 kilomètres de là, à Philadelphie et certainement pas pour être éliminées. 

Dans les notices d’accompagnement, les envois cerclés en rouge sont au moins au nombre de trois, entre fin janvier et février, et il y en a d’autres en mars et ils sont suffisamment nombreux pour déclencher un premier signalement aux douanes. 

Par rapport au poids des marchandises, les frais sont ahurissants

D’Anagni, via des vols UPS à destination de Rome et de Milan, 1 300 kilos de fer et acier, de caisses mobiles et de conteneurs, sont été expédiés à Philadelphie, siège de Catalent Pharma Solutions. Un envoi portant la mention « autres ouvrages en fer et en acier » date de la seconde moitié de février. La valeur des marchandises est plutôt inhabituelle : le poids net déclaré est de 80 kilos, la valeur de 25 000 dollars. C’est 259 euros par kilo. Les comptes ne concordent pas : le fer coûte 0,226 euros, l’acier environ un euro par kilo. Y avait-il du fer valant de l’or dans ces caisses ? 

Même l’envoi qui a eu lieu à la mi-février, indiqué comme « cartons de déménagement et conteneurs », est inhabituel : 12 colis pesant 960 kilos pour une valeur de 150 000 dollars. Aucune indication sur le contenu éventuel. Il est certain que personne n’a contrôlé ces exportations. 

Jusqu’à preuve du contraire, tout est légal et régulier. Comme on dit lors d’un décès par thrombose : l’enquête est en cours…

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.