À peine nommé, le gouvernement est déjà menacé de plusieurs motions de censure. Une instabilité directement héritée des calculs macroniens, mais que le chef de l’État, dans un réflexe d’autoprotection, attribue à l’irresponsabilité des autres. « Ce n’est pas mon rôle de faire cela », a-t-il décrété, balayant d’un revers de main toute possibilité de négociation avec le Parti socialiste. Préférant se draper dans les oripeaux de la diplomatie, il a invoqué la « stabilité » et la « force » de la France sur la scène internationale, comme si son propre pays n’était pas en train de sombrer dans le chaos.
Son discours, d’une condescendance calculée, appelle « tout le monde à se ressaisir ». L’ironie est cruelle : celui qui a dissous l’Assemblée nationale en juin 2024, créant une impasse parlementaire dont il est le premier architecte, ose aujourd’hui donner des leçons de stabilité. « Moi, j’assure la continuité », affirme-t-il. Depuis 2017, pourtant, cette « continuité » n’est qu’une litanie de crises : des Gilets jaunes aux réformes avortées, en passant par un gouvernement fantôme qui menace, comme le précédent, de s’effondrer avant même d’avoir déposé son budget.
On se souvient pourtant du Macron de 2018, lors de l’affaire Benalla, clamant avec bravade : « S’ils veulent un responsable, il n’y en a qu’un, c’est moi. » Aujourd’hui, le voilà qui se réfugie derrière les autres. Où est passée cette assurance ? Évanouie, sans doute, dans l’air climatisé des palaces égyptiens. A-t-elle seulement existé un jour ?
Ce revirement est révélateur. Macron n’est ni un responsable, ni un garant : c’est un tacticien, assumant quand la posture lui sied, fuyant quand l’échec guette. Les « oppositions », qu’il accuse de « jouer la déstabilisation », ne font pour une fois que remplir leur rôle dans une démocratie malmenée. Quant à ses alliés, ils subissent les conséquences de ses errements.
Garant des institutions ? Fossoyeur, plutôt. Si l’enfer, c’est les autres, le sien est bien de sa création. Il est temps que les Français le lui rappellent.
Quant à son Premier ministre, ses mains croisées dénotent un net malaise, un manque de confiance. Tous les analystes des postures gestuelles en conviendront : ce premier conseil des ministres risque d’être le dernier de ce gouvernement.
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