L’atome, ce « pacificateur » : Pyongyang muscle son arsenal
La démonstration de force suit son cours. Le 19 février, Kim Jong-un supervisait en personne le déploiement de cinquante nouveaux lanceurs pour roquettes de 600 mm, des systèmes désormais capables d’emporter des charges nucléaires tactiques. La presse d’État vante l’intégration d’Intelligence artificielle et de technologies de guidage avancées, destinées à « renforcer la dissuasion stratégique » face à la Corée du Sud. Cet essai nucléaire, le premier techniquement confirmé depuis 2017 selon les relevés sismiques, est présenté par le régime comme un geste défensif, une simple assurance-vie. Pourtant, ces annonces s’inscrivent dans une escalade méthodique : depuis décembre 2025, les ordres de production de missiles ont été multipliés, et en janvier, un missile hypersonique fendait déjà le ciel de la péninsule. Le site de Punggye-ri, lui, reste en alerte, prêt à toute éventualité selon l’AIEA.
🚨ALERTE INFO
Après l’essai nucléaire, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déclaré : « Notre essai nucléaire était à des fins pacifiques. Nous ne défions personne, mais si vous pensez pouvoir conquérir la Corée du Nord comme le Venezuela, souvenez-vous que vous jouez avec le… pic.twitter.com/H4StOpdp2z
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) February 22, 2026
Le syndrome vénézuélien : quand l’impérialisme justifie l’atome
Mais le cœur du discours de Kim Jong-un réside ailleurs. Le kidnapping de Nicolás Maduro le 3 janvier, exfiltré vers New York à bord de l’USS Iwo Jima pour y être jugé, a agi comme un électrochoc à Pyongyang. Condamnée avec véhémence comme une « violation flagrante » et la preuve de la « nature brutale et voyou » des États-Unis, cette opération est devenue la matrice de la communication nord-coréenne. « Le Venezuela n’avait pas notre bouton », semble souffler Kim. L’argument est imparable pour la propagande locale : l’arsenal nucléaire est l’unique rempart contre une « frappe de décapitation » similaire, contre une nouvelle « crise géopolitique » provoquée par l’Oncle Sam. Les experts du Sud en conviennent : l’affaire vénézuélienne a cristallisé les craintes et dynamité toute velléité de dialogue, renforçant au passage l’alliance de fait avec Moscou et Pékin, qui échangent volontiers technologies et soutien diplomatique contre des ressources et une fidélité anti-occidentale.
L’engrenage : la région retient son souffle
La mécanique est bien huilée. À chaque condamnation internationale, Pyongyang oppose un nouveau test. Washington, Séoul et Tokyo ont beau multiplier les consultations d’urgence, leurs appels à la retenue se heurtent à un mur bâti de sarcasme et de défiance. La Chine, tout en appelant au calme, pointe du doigt les « actions américaines » au Venezuela, tandis que la Russie célèbre son « amitié invincible » avec la Corée du Nord. Les tentatives du président sud-coréen Lee Jae-myung de renouer le dialogue ont été sèchement éconduites par Kim Yo-jong. Avec la tenue du 9e Congrès du Parti, le régime pourrait bien annoncer de nouveaux programmes, qu’il s’agisse de sous-marins nucléaires ou de missiles à ogives multiples. Le précédent vénézuélien, loin d’être un avertissement, est devenu un accélérateur. Et le risque, désormais, est que la prochaine détonation ne soit plus seulement un signal, mais le prélude à un embrasement généralisé.
Pas encore de commentaire sur "Kim Jong Un, après un essai nucléaire : « Si vous pensez pouvoir conquérir la Corée du Nord comme le Venezuela, souvenez-vous que vous jouez avec le feu. »"