La ville de Puget-sur-Argens, dans le Var, tente de panser une plaie profonde : celle laissée par le meurtre à caractère raciste d’Hichem, 35 ans, coiffeur tunisien intégré, respecté et aimé. Tué de cinq balles par un homme de 53 ans, français, amateur d’armes… et manifestement nourri aux discours de l’extrême droite. Voici ses propos avant de passer à l’acte :
« Bon, les copains, il est l’heure, aujourd’hui. Ce soir, on dit stop, stop aux islamiques de mes deux, putain de Français de mes deux, là, réveillez-vous, sortez vos couilles, allez les chercher là où ils sont. Vous allez voir ce soir, ce soir on fait un carton, ce soir on va s’amuser, ce soir je vais mourir, je vais crever. Moi, y a pas d’allégeance à Al-Qaida ou quoi que ce soit, moi, c’est l’inverse, c’est l’allégeance au bleu-blanc-rouge. »
Un autre homme, d’origine turque, a également été blessé. Le drame s’est produit samedi 31 mai, en début de soirée, dans une zone mixte de commerces et de logements.
🇫🇷 FLASH – À Puget-sur-Argens, un homme a abattu Hichem Miraoui, un Tunisien, de cinq balles en raison de ses origines Maghrébines.
Le meurtrier a également tiré sur une personne d’origine Turque et a diffusé sur ses réseaux sociaux, des vidéos vociférant sa haine des étrangers. pic.twitter.com/p4MCR93oFP
— Tajmaât (@Tajmaat_Service) June 1, 2025
Un crime nourri aux chaînes d’info et aux fantasmes identitaires
Le tireur, interpellé par le GIGN après avoir tenté de fuir, avait posté des vidéos racistes avant et après l’attaque. Oui, avant. Parce que, visiblement, dans son esprit dérangé mais cohérent, tuer un Arabe, c’était défendre la France. On pourrait presque croire à une parodie… si Hichem n’était pas mort.
Sur ses réseaux sociaux ? Allégeance au drapeau, tir sportif… mais sûrement un « déséquilibré » solitaire, comme on nous l’expliquera en boucle dans les plateaux.
Et pourtant, les voisins avaient bien entendu ses propos :
« Il voulait tuer des Noirs et des Arabes. Il l’a toujours dit. Il ne se cachait même pas. »
Déclare Laurence, habitante du quartier. Un profil connu. Mais ignoré. Comme souvent.
Hichem, tué pour ce qu’il était : un Arabe, bienveillant et intégré
Devant son salon de coiffure, les fleurs s’accumulent. Les larmes aussi. Laurent, ancien militaire, y dépose un bouquet avec son fils :
« Il était gentil, intégré, respecté. Je le connaissais depuis neuf ans. Comment expliquer ça à mon fils ? »
Le témoignage poignant de la cousine d’Hichem :
« Hichem était installé à Puget-sur-Argens depuis plusieurs années, et tout se passait bien avec tout le monde… sauf avec ce voisin, dans cette résidence où il vivait depuis moins d’un an, après avoir longtemps habité dans un studio au centre du village. Il subissait des insultes, et offrait du couscous en échange pour créer du lien »
L’avocat Mourad Battikh souligne qu’Hichem, inconnu des services de police, n’avait jamais eu de problèmes.
« Sa mort est la conséquence directe d’une atmosphère alimentée par la stigmatisation, les amalgames et la banalisation de la violence raciste », déplore-t-il dans un communiqué.
Bardella, Zemmour, CNews : les discours qui arment les esprits
Alors bien sûr, personne ne dira que ce crime est directement lié aux envolées télévisées de CNews, aux éditos de Pascal Praud, ou aux discours de Zemmour. Mais curieusement, le tireur avait bien écouté. Il avait bien compris. Et lui, il est passé à l’acte.
Pendant qu’on nous répète chaque jour que la menace vient « d’en bas », c’est un homme qui a tué en écoutant ceux d’en haut. Et cette fois, il a abattu son voisin, un innocent.
Un acte terroriste ? Oui, mais discret…
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’affaire. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, évoque un crime raciste et prémédité. Une rareté dans le vocabulaire gouvernemental, qu’on salue.
Mais combien de temps avant qu’on nous parle « d’acte isolé » ou « d’individu perturbé » ?
Et surtout, combien de temps avant qu’on enterre cette affaire, moins vendeuse qu’un tag sur le Mémorial de la Shoah ? Et que dire des actes anticatholiques qui ne dépassent pas le journal local ?
Le vivre-ensemble, version balle dans la tête
À Puget-sur-Argens, les habitants sont sous le choc. Pas par surprise, non. Mais par l’évidence. Parce que ce climat de haine, on l’a vu monter. Et certains l’ont applaudi.
Oui, débattre de l’immigration est un droit. Oui, s’inquiéter de la délinquance et réclamer plus de sécurité est légitime. Mais faire des musulmans des coupables par défaut, les accuser à longueur de journée dans les médias et les réduire à un fantasme collectif de menace, ce n’est plus du débat — c’est de l’incitation.
Et le danger, c’est qu’à force de pointer les « musulmans » en bloc, ce ne sont pas les délinquants qui seront visés, mais le voisin sans histoire, le commerçant intégré, le salarié exemplaire, le coiffeur apprécié, celui qui ne connaît pas les Frères musulmans dans les rapports ministériels biaisés.
Et juste comme ça, quel est le nom du tireur qui n’a quand même pas décapité?
Et juste comme ça, quel est le nom du tireur qui n’a quand même pas déscapité?
Oui, et où se trouve le problème? Combien de citoyens français blanc de souche non pas sous le chien ou sous race de chien ou espèce en dessous des chiens, se font tuer, poignarder, égorger, violer, maltraiter, frapper insulter, régulièrement en France quand ce n’est pas massacrer à l’arme automatique ça et là sans le secours de la police en attente l’arme au pied?
J’ai cru à un article du parisien.
Bref la raie publique allume la mèche.