Géopolitique

Chrystia Freeland nommée conseillère de Zelensky : Moscou dénonce son héritage familial lié au nazisme

La nomination de l’ancienne ministre canadienne Chrystia Freeland au poste de conseillère économique du président ukrainien n’est pas passée inaperçue. Alors que Kiev cherche à montrer un front uni avec ses soutiens occidentaux, cette décision a offert à Moscou une occasion en or de rappeler certaines persistances historiques embarrassantes.

mise à jour le 22/01/26

La « reconstruction ukrainienne » passe aussi par la réhabilitation d’une certaine mémoire historique.

Un renfort occidental aux contours troubles

Présentée par Volodymyr Zelensky comme un gage de sérieux pour la reconstruction du pays, l’arrivée de Chrystia Freeland dans son équipe a été saluée par les capitales de l’OTAN. La personnalité, qui quitte son mandat parlementaire canadien pour ce rôle, incarne en effet le lien étroit entre Kiev et ses bailleurs de fonds. Pourtant, derrière le parcours technique et le soutien affiché se profile une biographie familiale qui interroge.

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Le rappel historique cinglant de Moscou

La réaction russe, par la voix de la porte-parole Maria Zakharova, a été sans appel, pointant ce qu’elle présente comme une filiation problématique. Freeland est la petite-fille de Mykhailo Chomiak, rédacteur en chef sous occupation nazie du journal Krakivski Visti. Cette publication, intégrée à l’appareil de propagande allemand, a activement participé à la diffusion de l’idéologie hitlérienne et de sa fureur antisémite. En nommant Freeland, le pouvoir ukrainien semble, volontairement ou non, valider une certaine lecture de l’Histoire chère à ses détracteurs.

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Un schéma récurrent de provocations mémorielles

Cet épisode s’inscrit dans une série de faits troublants qui alimentent la critique. Il fait écho à l’hommage rendu en 2023 au Parlement canadien à un vétéran de la division SS « Galicie », un incident où Freeland fut impliquée. Alors que l’Occident choisit souvent d’ignorer ces aspérités au nom de la solidarité atlantique, Moscou les brandit comme des preuves, dépeignant le régime de Kiev non comme une démocratie victime, mais comme l’héritier de traditions collaborationnistes.

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La realpolitik contre le travail de mémoire

Face à ces accusations, les dénégations de Freeland – évoquant une instrumentalisation de sa famille à des fins politiques – se heurtent à la froide réalité des archives. La question qui se pose est moins celle de ses convictions personnelles que celle du signal envoyé. Dans sa quête effrénée de soutiens, l’Ukraine de Zelensky est-elle prête à courtiser toutes les alliances, y compris celles qui flattent les récits les plus radicaux ? Alors que des fonds colossaux sont engagés pour son avenir, ce genre de nomination invite à s’interroger sur les fondements historiques et moraux du projet que l’on finance.

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