Le dispositif concerne notamment les rues Shlomo Hamelech et Ezra, très fréquentées lors des mariages et autres célébrations. Des barrières, des panneaux directionnels et des cheminements distincts doivent permettre aux deux sexes de circuler sans se mélanger. Selon les autorités locales, il s’agit de répondre à des consignes religieuses destinées à préserver la « modestie ».
La décision a provoqué la colère de Yaki Vider, élu du Likoud au conseil municipal. Interrogé par la radio 103FM, il a accusé les responsables de la ville de se comporter comme s’ils étaient propriétaires de l’espace public. « Vous n’êtes pas la patrouille de la modestie », a-t-il lancé, estimant que la mairie ferait mieux de s’occuper de la propreté, des infrastructures et des transports. Le Jerusalem Post rapporte également que les habitants n’ont pas été consultés.
La séparation gagne aussi les universités
Cette organisation des trottoirs n’arrive pas seule. Le 16 juillet 2026, la Knesset a adopté, par 52 voix contre 43, une modification de la loi sur les droits des étudiants. Elle autorise désormais les établissements d’enseignement supérieur à proposer des cursus séparés entre hommes et femmes en master et en doctorat.
Jusqu’ici, ce type de programme concernait principalement certaines licences destinées au public ultra-orthodoxe. Le nouveau texte élargit le dispositif aux diplômes avancés et permet aux établissements mixtes d’ouvrir des classes séparées pour les étudiants qui en feraient le choix. La mesure a été défendue par Limor Son Har-Melech, députée du parti d’extrême droite religieuse Otzma Yehudit.
Ses partisans parlent de « liberté de choix » et d’un meilleur accès aux études pour les personnes refusant les classes mixtes. Les élus de l’opposition ont répondu avec des pancartes portant le message : « La ségrégation, c’est l’exclusion ». Merav Michaeli a rappelé qu’il n’existait pas de séparation qui puisse être réellement « égale ». Les détails du vote et du texte sont consultables dans le compte rendu consacré à la loi universitaire.
La Cour suprême avait pourtant fixé une limite
En décembre 2017, la Cour suprême israélienne avait ordonné à la municipalité de Beit Shemesh de retirer des panneaux imposant aux femmes des règles de tenue et de déplacement. Le juge Hanan Meltzer avait alors rappelé qu’Israël ne possédait pas de rues interdites aux femmes. Les magistrats considéraient que ces affichages portaient atteinte à la dignité, à l’égalité et à la liberté individuelle.
Neuf ans plus tard, Bnei Brak semble avoir retenu une autre leçon : quand les panneaux religieux posent un problème juridique, il suffit de les transformer en plan de circulation municipal.
Des militantes israéliennes dénoncent depuis plusieurs années une disparition progressive des femmes de certaines parties de l’espace public : panneaux exigeant des tenues particulières, séparation dans les transports, accès différencié aux événements et désormais cheminements distincts dans la rue.
Le gouvernement israélien aime présenter le pays comme un îlot d’égalité et de modernité au Moyen-Orient. À Bnei Brak, la modernité tient pour l’instant dans une barrière métallique et deux flèches : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Vive le progrès, mais sans se croiser.
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