La campagne officielle suit son calendrier. Sur son site, le ministère de la Santé rappelle que la vaccination contre les papillomavirus humains est recommandée pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec deux doses, et qu’un rattrapage est possible plus tard. Présenté comme un outil de prévention contre certains cancers, le Gardasil s’installe donc dans le décor scolaire, entre le carnet de liaison et l’autorisation parentale.
Le Dr Gérard Delépine, lui, ne lit pas la scène de la même manière. Dans son nouveau livre, disponible notamment à la Fnac, il conteste frontalement le discours officiel. Selon lui, le Gardasil serait un vaccin injustifié, insuffisamment convaincant sur ses bénéfices réels, exposant des enfants en bonne santé à des risques inutiles, le tout pour un coût qui ferait presque passer la santé publique pour une annexe du service commercial de Big Pharma.
Le médecin ne découvre pas le sujet. Avec la Dr Nicole Delépine, il alerte depuis des années sur ce qu’il considère comme une fuite en avant vaccinale. Dans un précédent article publié sur notre site, il mettait déjà en cause les bénéfices et les risques du Gardasil, en dénonçant une présentation trop lisse d’un produit pourtant administré à des adolescents.
Le point central de sa critique tient en une phrase : pourquoi vacciner massivement des collégiens contre une infection sexuellement transmissible, avant même l’âge des premiers rapports pour beaucoup d’entre eux, avec un produit dont les effets à long terme restent, selon lui, loin d’être aussi rassurants que le prétendent les autorités ? Les brochures officielles répondent prévention. Le Dr Delépine répond prudence. Et entre les deux, les parents se retrouvent avec un formulaire à signer.
Le Gardasil est aussi un symbole. Celui d’une santé publique qui adore les campagnes nationales, les slogans simples et les chiffres martelés. Le problème, pour les voix critiques, c’est que le débat se referme dès qu’un parent hésite. La prudence devient soupçon. La question devient faute morale. Et l’on finit par expliquer aux familles qu’elles sont libres de choisir, tout en leur faisant comprendre très fort quel choix serait acceptable.
Sur Le Média en 4-4-2, la campagne vaccinale au collège avait déjà été décrite comme une expérience pharmaceutique menée sur des enfants. Une formule brutale, certes, mais qui résume l’inquiétude d’une partie des parents : quand une injection est proposée à grande échelle dans l’école de la République, le consentement est-il vraiment libre ou simplement bien encadré ?
Le Dr Gérard Delépine vise aussi le nerf de la guerre : l’argent. Le Gardasil fait partie de ces produits installés au croisement parfait entre peur du cancer, politique sanitaire et rentabilité industrielle. Une place extrêmement rentable. Big Pharma (Merck) vend la solution (115,84 euros la dose pour un coût de fabrication de quelques euros), les autorités fournissent la campagne, les familles fournissent les enfants.
Ce livre arrive donc au bon moment pour ceux qui refusent de réduire la parentalité à une signature en bas d’un papier. Le message du Dr Gérard Delépine est limpide : avant d’accepter le Gardasil pour leurs enfants, les parents doivent lire, comparer, douter, interroger. Bref, faire exactement ce que la communication officielle supporte rarement : réfléchir avant l’injection.
Et c’est peut-être là que son ouvrage dérange le plus. Il ne demande pas aux parents d’obéir à une nouvelle autorité. Il leur demande de reprendre la leur.
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