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Une interception musclée en pleine mer Méditerranée
Tout a commencé début octobre, quand une armada de quelque 40 navires, affrétés par des ONG internationales, a tenté de percer le cordon imposé par Israël autour de Gaza. À bord : des tonnes d’aide alimentaire, médicale et de matériel de reconstruction, destinées aux 2,3 millions d’habitants coincés dans ce que l’ONU décrit comme une « prison à ciel ouvert ». Mais la marine israélienne n’a pas lésiné sur les moyens. En quelques heures, les bateaux ont été arraisonnés, et plus de 450 personnes – militants, journalistes et volontaires venus de Turquie, d’Italie, des États-Unis, de Malaisie et d’ailleurs – ont été placées en garde à vue.
Parmi elles, Greta Thunberg, 22 ans, qui avait rejoint l’expédition. À leur arrivée à l’aéroport d’Istanbul ce samedi, les rescapés n’ont pas mâché leurs mots. Ersin Celik, un reporter turc embarqué sur le « Sumud », a livré un témoignage glaçant aux chaînes locales :
« J’ai vu de mes yeux les soldats la traîner par terre comme un vulgaire sac. Puis ils l’ont obligée à poser avec leur drapeau, un vrai spectacle de foire. »
Une journaliste turque et militante de la Flottille Soumoud :
Les Israéliens ont maltraité Greta Thunberg.
» Ils l’ont fait ramper, ils l’ont forcé à
embrasser le drapeau israélien. Autrement dit, ils ont fait exactement ce que les nazis ont fait. » pic.twitter.com/GnVrXGRGqV— L’oeil Medias (@LoeilMedias1) October 4, 2025
Des récits concordants : humiliation et privations au quotidien
Les histoires se recoupent, et elles font froid dans le dos. L’activiste malaisienne Hazwani Helmi, encore sous le choc à l’aéroport, raconte comment Thunberg a été bousculée et promenée « comme une marionnette » devant les caméras, le drapeau israélien en guise de cape. »
C’était abject. On nous a traités pire que des bêtes sauvages », lâche-t-elle, les yeux rougis. De son côté,
Windfield Beaver, un Américain impliqué dans la cause palestinienne, évoque une « mise en scène humiliante » : la jeune Suédoise a été poussée dans une salle bondée juste au moment où Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale aux accents ultranationalistes, faisait son entrée triomphale.
Le journaliste italien Lorenzo Agostino, qui voguait sur l’un des navires, renchérit sans filtre :
« Greta, cette fille si déterminée, n’a que 22 ans. La voilà enveloppée dans ce drapeau comme un butin de guerre, exhibée pour les honneurs. Une honte absolue. »
🇮🇱⛵️ FLASH INFO
« Greta Thunberg a été humiliée et enveloppée dans un drapeau israélien et exposée comme un trophée (…) J’avais le sentiment d’être dans un endroit vraiment barbare »
Déclare le journaliste italien Lorenzo Agostino pic.twitter.com/zaYlWLqMUh
— Citizen Média 🗞️ (@CitizenMediaFR) October 4, 2025
Et ce n’est pas tout. Ikbal Gurpinar, animatrice télé turque, décrit des conditions de détention infernales : trois jours sans un repas décent, sans une gorgée d’eau propre.
« On buvait dans les cuvettes des WC, sous une chaleur de four. Ça m’a ouvert les yeux sur l’enfer quotidien à Gaza. »
Aycin Kantoglu, une autre Turque engagée, parle de cellules aux murs couverts de traces de sang séché et de graffitis désespérés – des prénoms d’enfants, des appels au secours gravés par d’anciens prisonniers.
Israël riposte : « Des fabulations pures et simples »
Du côté de Tel-Aviv, on balaie ces déclarations d’un revers de main. Le ministère des Affaires étrangères, par la voix d’un de ses porte-paroles, a qualifié les plaintes de « mensonges éhontés » dans un communiqué à Reuters.
« Tous les détenus ont reçu de l’eau, de la nourriture, accès aux commodités et à un conseil juridique. Leurs droits ont été scrupuleusement observés », martèle-t-on.
Adalah, une ONG israélienne de défense des droits de l’homme qui a suivi l’affaire de près, contredit pourtant cette version. Ses avocats rapportent des cas de personnes forcées de rester à genoux, menottées pendant des heures, sans soins ni possibilité de contacter un proche.
Sur le plan diplomatique, l’Italie s’agite : 26 de ses ressortissants ont été rapatriés, mais 15 attendent encore leur libération. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a exigé des explications, tandis que le député Arturo Scotto, lui-même passager du convoi, tonne : « Ceux qui violaient le droit international, c’étaient les assaillants en uniforme, pas nous qui portions du secours. »
Au-delà de Gaza : un symbole d’une crise humanitaire persistante
Cette affaire Thunberg n’est que la énième illustration d’un blocus israélien sous le feu des critiques internationales. Lancée pour contourner l’embargo qui asphyxie Gaza depuis le début du conflit actuel, la flottille « Sumud » visait à raviver l’espoir d’une aide libre. Au lieu de cela, elle met en exergue les tensions : 137 expulsés ont atterri à Istanbul, dont 36 Turcs, entourés de soutiens bruyants. Des manifestations spontanées ont éclaté, réclamant justice pour les « héros de la mer ».
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