- « Vous avez pas le temps de quoi ? Vous êtes au téléphone avec moi, il va RIEN se passer », dit le médecin du Samu.
Malgré l’angoisse d’Anthony, le médecin continue d’insister pour poser des questions. - « On va essayer de se calmer et vous allez répondre à mes questions. »
Aucune urgence n’est détectée. Trente minutes plus tard, toujours sans aide, Anthony rappelle. L’ambulance, déclenchée sans notion d’urgence, fait un détour pour déposer un autre patient. À leur arrivée, Anthony est en perte de connaissance, sa respiration se limite à des râles d’agonie. Les ambulanciers, démunis, contactent à nouveau le Samu. Ce dernier répond : - « Il n’est pas plutôt stressé cet homme ? »
L’équipe SMUR est finalement déclenchée 50 minutes après le premier appel. À 18h01, le premier massage cardiaque est effectué, mais c’est déjà trop tard. L’examen révèle qu’une artère était bouchée, entraînant des lésions cérébrales irréversibles. Anthony décède le lendemain.
Il supplie, elle méprise.
Anthony meurt.
Cette médecin incarne tout ce qu’on ne veut plus voir : l’arrogance, le mépris, l’impunité.
Et bien sûr, dans ce pays : aucune sanction.
Paix à son âme. Force et courage à la famille.#JusticePourAnthony #SAMU #Honte #MéprisDeClasse… pic.twitter.com/eyUXq1RLHg— Comptapers (@comptapers) April 13, 2025
Urgences à Besançon : saturées
Le nombre d’appels entrants augmente depuis 2015, année à laquelle tous les appels ont été centralisés au centre 15 de Besançon. Il recevait 1 500 appels par jour en 2018. Le 9 avril 2023, jour du drame, il en a enregistré 2 237 et les assistants de régulation médicale sont moins nombreux. Sur trois médecins-régulateurs dédiés à la plateforme, deux sont réellement présents.
Eric Lombard, le ministre de l’Économie, annonce actuellement des dizaines de milliards d’économies à faire sans nouveaux impôts. La cour des comptes suggère de restructurer les services hospitaliers qui ne présentent pas de garanties suffisantes de qualité et de sécurité des soins. Autrement dit il faut les fermer et les regrouper au sein de groupements hospitaliers — et c’est pour notre bien ! (Cour des comptes, p. 50). C’est ce qui s’est passé pour le 15 à Besançon. On en a vu les conséquences. Eh bien ! il faut continuer.
Un audit jeté à la poubelle
En 2018, un audit interne au CHU de Besançon avait été réalisé par le cabinet d’expertise Syndex, à la demande du CHST, après la tentative de suicide d’une femme médecin aux urgences où elle travaillait.
La situation s’est-elle améliorée depuis la publication de ce rapport ? De manière générale, les personnels médicaux, même syndiqués, ne souhaitent pas témoigner à visage découvert ou voir leur nom cités « par peur des représailles ». « À ma connaissance, les seules choses qui ont changé c’est la salle de repos et les chaises », a confié à FranceInfo un ancien délégué syndical du CHU de Besançon. Selon une source anonyme en poste, la situation est toujours la même : « rien n’a changé ».
La direction du CHU reste dans le déni
Le 15 mai 2019, une partie des salariés du centre 15 de Besançon se mettent en grève pour dénoncer la détérioration de leurs conditions de travail. Rien ne change et le 14 septembre 2019, une retraitée de 62 ans décède d’un infarctus malgré plusieurs appels au Samu de Besançon. Sa famille a porté plainte pour « homicide involontaire ».
Le 5 décembre 2019, la direction du CHU de Besançon répond à FranceInfo par le déni :
« le CHU de Besançon ne peut accepter un rapprochement artificiel entre ce rapport déposé il y a plus d’un an et la plainte déposée par une famille du territoire de Belfort, relative à la prise en charge d’une patiente par le centre 15 le 14 septembre dernier. Il n’y a strictement aucun lien entre le rapport de 2018 déclenché à la demande du CHSCT et cet événement récent. De même, la mention dans votre article de la tentative de suicide d’un médecin du CHU au mois de mars 2018 est hors de propos. Cet événement bouleversant n’a eu aucune suite. Le CHU de Besançon ne peut donc accepter qu’à l’occasion d’une plainte déposée en septembre 2019 à l’encontre du centre 15, des informations anciennes et sans lien entre elles fassent ainsi la matière d’un article qui nous semble tendancieux ».
Aujourd’hui les avis négatifs de Pages Jaunes sur les urgences du CHU reçoivent une seule et unique réponse toute faite :
Bonjour,
C’est avec le plus grand intérêt que nous prenons connaissance de votre témoignage. Nous vous proposons de vous adresser à la Direction des relations avec les usagers par mail ([email protected]) afin de relater plus en détails la situation que vous décrivez.
Bien cordialement,
Valérie pour le CHU de Besançon
Les responsables
Selon la Commission régionale des conciliations et d’indemnisation des accidents médicaux, « Anthony Queffelec a été victime de manquements du CHU de Besançon, à hauteur de 70 % des dommages subis ». La part de responsabilité de la société d’ambulance Jussieu, primo intervenante, est, elle, estimée à 10 %.
Qui sont les 20 % qui ne répondront pas devant les assurances ? On en a une petite idée. Laissons de côté les complices médecins, ministres, médias et députés. Cela fait beaucoup, mais les grands responsables sont :
Emmanuel Macron qui avait déclaré le 17 avril 2023 : « Je prends l’engagement de désengorger les services d’urgence, d’ici à la fin de 2024. »
Quelques jours après, il avouait à propos de l’Hôpital : « C’est plus dur de le réinventer quand tout n’a pas été détruit. »
L‘âge moyen des victimes d’AVC est de 73 ans pour les hommes. Anthony Queffelec avait 36 ans. Était-il vacciné contre le covid-19 ? La question est soigneusement évitée par les médias, mais si cela est le cas, on peut ajouter le patron de Pfizer et la présidente de la Commission européenne à la liste des responsables de sa mort.
Albert Bourla avait « oublié » de prévenir que les décès cardiaques avaient été multipliés par 4 dans le groupe « vaccinés » par rapport au groupe « placebo » dans les essais.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne avait négocié directement par SMS avec Albert Bourla un contrat de 1,8 milliard de doses de vaccin contre le Covid, pour la modique somme de 36 milliards d’euros.
Médecins et malades broyés par le 15
Le docteur R., chef des urgences à Poissy-Saint-Germain-en-Laye, s’est donné la mort en septembre 2023 dans son bureau, après avoir enchaîné des semaines à rallonge, sans pause ni répit. Sa veuve, cadre de santé, témoigne : « Il a été broyé par une machine qui exige des résultats sans donner les moyens de les atteindre » (Le Monde, 14 avril 2025).
À Strasbourg, en 2018, une jeune femme de 22 ans appelle le Samu qui se moque d’elle au téléphone. Elle meurt 6 heures plus tard
À Montpellier, le 15 octobre 2024, une jeune femme est morte à des suites d’une méningite aigüe. Son amie, venue lui porter secours, avait pourtant appelé le Samu, en vain.
À Bourges, le 28 octobre 2024, un adolescent meurt après deux appels au Samu.
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