Société

Mort de Léa, 9 ans, fouettée, étranglée et forcée à manger les “crottes du chat” : six ans après, sa mère risque la perpétuité

Léa avait 9 ans lorsqu’elle est morte à Rive-de-Gier, dans la Loire, le 30 juin 2020. Six ans plus tard, l’instruction est close et le parquet demande le renvoi de sa mère devant la cour d’assises pour meurtre, torture et barbarie. La famille paternelle attend toujours un procès, désormais espéré en 2027. Sept ans pour juger la mort d’une enfant.

mise à jour le 27/06/26

Une famille doit attendre combien d’années avant d’avoir droit à un procès ?
Six ans après la mort de Léa, 9 ans, à Rive-de-Gier, la justice arrive enfin au bout de l’instruction. La fillette est morte le 30 juin 2020 dans la Loire. Depuis, sa famille paternelle attend un procès. Elle pourrait l’obtenir en 2027, soit sept ans après les faits. Dans une affaire où l’on parle d’une enfant morte sous les coups, le mot « patience » sonne presque comme une insulte.
.
La mère de Léa, aide-soignante âgée de 29 ans au moment des faits, est accusée d’avoir fait subir à sa fille des violences physiques et des humiliations répétées. Le parquet demande son renvoi devant la cour d’assises de la Loire pour meurtre, actes de torture et de barbarie. Si cette qualification est retenue, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
.
D’après les éléments rapportés par Le Progrès, l’autopsie avait conclu à une péritonite provoquée par une déchirure de l’intestin, elle-même liée à un coup violent porté au ventre. Les médecins avaient aussi relevé des fractures récentes du crâne et du nez, ainsi que des traces plus anciennes au niveau des côtes et du sternum.
.
Voilà donc le dossier : une enfant de 9 ans, des blessures anciennes, des blessures récentes, une mort atroce, et une famille qui compte les années pendant que la machine judiciaire avance à son rythme. Lentement. Très lentement.



Léa aurait subi des violences d’une extrême brutalité

L’enquête a rapidement écarté la piste d’un accident domestique. Les investigations se sont orientées vers des violences habituelles. Les faits décrits dans le dossier sont insoutenables : coups de pied, coups de poing, étranglements, cheveux tirés, usage d’une pince plate sur les tétons. Léa a aussi été forcée à manger des croquettes et des excréments de chat.

Ces éléments restent ceux d’une procédure pénale, avec une accusée qui bénéficie toujours de la présomption d’innocence jusqu’au jugement. Mais ils expliquent pourquoi le parquet ne se contente pas de la qualification de coups mortels. Il retient le meurtre, avec actes de torture et de barbarie.

La différence n’est pas mince. Les coups mortels supposent une violence ayant causé la mort sans intention de tuer. Le meurtre, lui, implique une intention homicide. La cour d’assises devra trancher. Encore faut-il qu’un procès se tienne enfin.

Une mère remise en liberté en 2022

Trois jours après la mort de Léa, sa mère avait été mise en examen pour meurtre et violences volontaires habituelles sur mineur de moins de 15 ans. Elle avait ensuite été placée en détention provisoire.

Mais en 2022, la durée légale de détention provisoire étant arrivée à son terme, elle a été remise en liberté sous contrôle judiciaire. Pour la famille paternelle, cette situation est difficile à accepter. Elle affirme avoir découvert sur les réseaux sociaux que la mère de Léa avait refait sa vie. Selon la famille, elle aurait seulement interdiction de séjourner dans la Loire.

Le beau-père de Léa, soupçonné à l’époque de complicité, avait aussi été mis en examen et incarcéré. Il est mort depuis.

La famille paternelle, elle, reste avec le vide, la colère et cette impression que la justice demande aux victimes de survivre à son calendrier. Six ans après la mort d’une enfant, attendre encore n’a rien d’un détail administratif.



L’enquête est close, le procès pourrait arriver en 2027

En février 2026, le juge d’instruction de Saint-Étienne a mis fin aux investigations. Le parquet a ensuite rendu son réquisitoire définitif le 3 juin 2026. Il réclame le renvoi de la mère de Léa devant la cour d’assises de la Loire.

Le juge d’instruction avait retenu la qualification de coups mortels. Le procureur, lui, pousse plus loin : meurtre, torture et barbarie. Cette qualification place l’accusée face à la peine la plus lourde prévue par le droit pénal français : la réclusion criminelle à perpétuité.

Un procès est désormais espéré dans le courant de l’année 2027. Sept ans après la mort de Léa. Sept ans pour qu’une cour entende enfin ce dossier. Sept ans pendant lesquels la famille paternelle aura vu passer les dates, les procédures, les prolongations, les décisions et les silences.

Une famille qui parle d’inertie

La famille paternelle de Léa dénonce une « inertie des institutions ». Le mot est faible, mais il dit bien le sentiment d’abandon. Dans ce dossier, il ne s’agit pas d’une petite affaire noyée dans un agenda judiciaire chargé. Il s’agit de la mort d’une enfant de 9 ans, avec des soupçons de violences répétées et d’actes de barbarie.

Le parallèle avec l’affaire Lyhanna revient forcément. Là aussi, des proches et des citoyens dénoncent des lenteurs, des alertes mal traitées, des institutions qui promettent beaucoup après les drames et agissent trop peu avant. À chaque fois, les mêmes mots ressortent : dysfonctionnements, enquête administrative, responsabilité, suivi. Puis les familles attendent.

Et pendant qu’elles attendent, les morts ne reviennent pas.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Mort de Léa, 9 ans, fouettée, étranglée et forcée à manger les “crottes du chat” : six ans après, sa mère risque la perpétuité"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Société

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous