Pédocriminalité

Affaire Lyhanna : La justice du Gers et la macronie ont du sang sur les mains

Depuis près de dix ans, Jérôme Barella accumule les signalements pour des actes d’une gravité inouïe : viols et agressions sexuelles sur mineures. Pourtant, son casier judiciaire reste vierge. Comment un système censé protéger les plus vulnérables a-t-il pu laisser un tel individu circuler librement, sans jamais être inquiété ? Les dossiers s’empilent, se classent sans suite ou s’égarent dans les méandres d’une procédure administrative aussi lente qu’opaque.

mise à jour le 06/06/26

Le système judiciaire d’Auch a trouvé le temps de faire la chasse aux agriculteurs, mais n’a pas daigné convoquer un violeur multi-récidiviste.

2017 : le premier signalement étouffé

En décembre 2017, la mère d’une jeune fille de 17 ans signale une relation entre sa fille et Jérôme Barella. En février 2018, le parquet classe l’affaire sans suite, arguant qu’« il n’y a pas d’infraction ». Une décision qui, aujourd’hui, apparaît comme le premier maillon d’une chaîne de dysfonctionnements. Comment une relation entre un adulte et une mineure peut-elle être jugée légale ? La question reste sans réponse.



2020 : un licenciement pour « relation inappropriée »… et aucune suite judiciaire

En 2020, Jérôme Barella, alors agent d’entretien, est licencié pour une « relation inappropriée » avec une lycéenne. Aucune poursuite pénale n’est engagée. Pire : deux jours après la disparition tragique de Lyhanna, le 31 mai 2026, un dirigeant d’un lycée du Gers contacte la gendarmerie pour signaler cette affaire. Un geste désespéré, comme si les alertes précédentes avaient été ignorées.

2020-2021 : un viol sur une fillette de 6 ans, classé sans suite

La même année, une fillette de 6 ou 7 ans dénonce un viol commis au domicile de Barella, à Montestruc-sur-Gers. Le dossier, initialement traité par le parquet de Béthune, est transmis à celui d’Auch en janvier 2024. Clémence Meyer, procureure en poste, classe l’affaire sans suite le 28 mai 2024. Aucune explication n’est fournie aux familles, aux victimes, ou à l’opinion publique. La justice, une fois de plus, tourne le dos aux victimes.

2024-2025 : une plainte pour viol sur une enfant de 10 ans, une attente kafkaïenne

Entre septembre 2024 et mai 2025, une fillette de 10 ans subit des viols répétés de la part de Jérôme Barella. Une plainte est enfin déposée le 22 août 2025 à la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch. La victime est entendue le 27 août 2025, mais le dossier suit un parcours administratif absurde :

  • Août 2025 : Dépôt de la plainte.
  • Novembre 2025 : Le parquet de Toulouse se dessaisit et envoie le dossier à Auch.
  • Décembre 2025 : Le dossier arrive enfin entre les mains de Clémence Meyer.
  • 9 janvier 2026 : La procureure transmet le dossier à la gendarmerie de Fleurance.
  • 23 janvier 2026 : Premier contact entre le parquet et la gendarmerie.

Neuf mois après la plainte, Jérôme Barella n’a toujours pas été entendu. Pire : la mère de la victime, qui réclamait simplement des nouvelles, s’est vue menacée de poursuites pour « harcèlement ». Une situation ubuesque où la victime devient coupable de demander justice.

Juin 2026 : un nouveau signalement, une indignation nationale

En juin 2026, un nouveau signalement est déposé pour des attouchements commis lors d’une soirée pyjama. L’émotion est à son comble. Comment un homme multi-signalé, multi-plainte, multi-accusé, peut-il continuer à sévir en toute impunité ?

Des priorités judiciaires pour le moins surprenantes

Alors que les dossiers impliquant Jérôme Barella s’accumulent sans suite, le parquet d’Auch, dirigé par Clémence Meyer, semble accorder une attention démesurée à d’autres affaires, bien moins urgentes.

En novembre 2025, le parquet publie un communiqué pour réagir à une phrase polémique prononcée par un responsable de la Coordination rurale : « faire la peau aux écolos ». Clémence Meyer indique alors « suivre de près l’évolution de la situation », après 23 signalements d’élus écologistes. Une réactivité pour le moins surprenante, quand on la compare au traitement réservé aux affaires de viols sur mineures.

40 militants convoqués, 0 violeur entendu

Sur instruction de la hiérarchie, le parquet d’Auch a eu d’autres priorités : la lutte contre les discours sur Internet, la traque des agriculteurs opposés au Mercosur. 40 membres de la Coordination rurale ont été convoqués. Pourtant, Jérôme Barella, malgré les preuves médicales, les témoignages et les relances des familles, n’a jamais été entendu.

 

La justice souffre peut-être d’un manque de moyens, mais elle souffre surtout d’une mauvaise utilisation de ceux-ci, et d’une priorisation aberrante.

Un système judiciaire en accusation

L’Observatoire des Décisions de Justice le rappelle : « La responsabilité individuelle des magistrats doit être pleinement engagée. » Pourtant, dans cette affaire, aucune responsabilité n’a été engagée. Aucune sanction n’a été prononcée. Aucune explication n’a été donnée.

Les questions qui dérangent

Comment un homme accusé à plusieurs reprises de viols et d’agressions sexuelles sur mineures peut-il être laissé tranquille ?
Pourquoi la justice semble-t-elle plus prompte à convoquer des militants agricoles qu’à auditionner un suspect multi-récidiviste ?
Pourquoi les victimes et leurs familles sont-elles traitées avec mépris, voire menacées, alors qu’elles ne demandent que justice ?
Pourquoi les dossiers les plus graves sont-ils classés sans suite, tandis que des affaires mineures bénéficient d’une attention immédiate ?



L’indignation d’un peuple en deuil

Le peuple est en deuil. Son écœurement est sans nom. Le système judiciaire d’Auch a trouvé le temps de faire la chasse aux agriculteurs, mais n’a pas daigné convoquer un violeur multi-récidiviste. Une justice à deux vitesses, où les puissants et les bien-pensants semblent bénéficier d’une protection particulière, tandis que les victimes et les citoyens ordinaires sont laissés pour compte.

L’aveu d’impuissance du gouvernement

Lecornu, Darmanin, Geffray et Rist viennent de déposer un Projet de loi relatif à la protection des enfants.

L’Unicef souligne qui sont les grands oubliés de ce projet : « Gouvernance de la protection de l’enfance, mineurs non accompagnés, taux et normes d’encadrement, exploitation criminelle des mineurs, jeunes majeurs, sont autant de priorités d’action éludées par le projet de loi. »

L’urgence d’une réforme

Cette affaire pose, avec une urgence absolue, la question de la réforme de la justice en France. Une justice qui doit protéger les victimes, poursuivre les criminels, et rendre des comptes à la société. Une justice où les magistrats doivent être responsabilisés, où les dysfonctionnements doivent être corrigés, et où les priorités doivent être réévaluées.

Car une justice qui ne protège pas les enfants n’est plus une justice. C’est une complicité.

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