Un dispositif défaillant, une récidive prévisible
Ce bracelet, il le devait à une condamnation antérieure, en 2013, pour des faits identiques sur sa propre fille et sa belle-fille Cindy. Une partie de sa peine avait été « aménagée » à domicile, sous surveillance électronique. Cindy, aujourd’hui adulte, a témoigné avec une lucidité glaçante : « Une partie de mon cerveau est bloquée à 5 ans… J’aurais préféré qu’il me tue. » Elle a gardé le silence pendant des années avant d’oser porter plainte.
L’avocate générale avait requis 20 ans pour une « peine exemplaire à la hauteur de la destruction psychologique de la victime et de l’état de récidive légale ». Les jurés ont suivi, mais pas le juge. Mais comment ne pas voir, dans ce verdict, l’aveu implicite d’un système à bout de souffle ?
Le bracelet électronique : une illusion de sécurité
Ce n’est pas un dysfonctionnement. C’est une escroquerie institutionnalisée. Le système judiciaire français, dans sa grande sagesse, propose aux récidivistes sexuels un menu alléchant : un bracelet autour de la cheville, un centre de télésurveillance, des alertes théoriques… et la liberté de recommencer sur une nouvelle proie. Nathalie Rambert, directrice du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du Gers et du Tarn-et-Garonne, en est la première responsable. Mais elle n’est pas seule.
Les fiers promoteurs d’un système criminogène
Le 14 janvier 2021, à Auch, une brochette de dignitaires s’est réunie pour signer, en grande pompe, un protocole de mise en œuvre du bracelet anti-rapprochement. Parmi eux :
- Xavier Brunetière, préfet du Gers
- Philippe Romanello, président du tribunal judiciaire d’Auch
- Jacques-Edouard Andrault, procureur de la République
- René Pichon, directeur départemental de la sécurité publique du Gers
- Jean-Luc Vezin, colonel commandant le groupement de gendarmerie départementale du Gers
- Michel-Paul Rouche, président de l’association Aide aux victimes et mesures pénales du Gers
- Jean-Jacques Dalichoux, directeur de l’AVMP 32
Ils ont salué « l’engagement de chacun », vanté « cet outil complémentaire » censé « mieux protéger les victimes ». Pendant ce temps, sous leur « surveillance », Stéphane L. violait une fillette de 6 ans….
La justice ou l’art de protéger les bourreaux
On ne met pas un pédophile récidiviste sous bracelet. On l’enferme. Point. Le bracelet électronique n’est pas une sanction. C’est une faveur accordée par une justice qui préfère ménager les monstres que protéger les enfants. Quand un homme déjà condamné pour viols sur mineurs peut continuer à évoluer en liberté et recommencer sur une fillette de 6 ans, ce n’est pas un accident. C’est le résultat d’un choix : privilégier l’aménagement de peine, la « réinsertion », le gadget high-tech à l’incarcération ferme et définitive.
Nathalie Rambert et ses comparses portent une responsabilité écrasante. Ils ont choisi de promouvoir un outil qui, dans les faits, n’a servi à rien. Pire : il a légitimé l’impunité.
20 ans de prison : une victoire à la Pyrrhus
Cindy aurait préféré mourir. Parce que dans ce pays, pour certains prédateurs, le bracelet électronique vaut presque une autorisation de récidiver. Vingt ans de réclusion ? C’est déjà ça. Mais tant que le système continuera à préférer les gadgets aux barreaux, il y aura d’autres Cindy, d’autres fillettes de 6 ans, et d’autres « responsables » qui continueront à se féliciter de leur beau protocole.
Le bracelet électronique ne protège personne. Il protège le système.
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