Justice

Marco Mouly, cerveau de l’escroquerie à la taxe carbone, bientôt libre sous bracelet électronique

Marco Mouly, architecte parmi d’autres de l’escroquerie à la taxe carbone qui a siphonné près de 1,6 milliard d’euros aux finances publiques, s’apprête à recouvrer une liberté dorée. La cour d’appel de Paris, dans un élan de clémence, a réduit sa peine à trois ans de prison, dont un seul ferme — qu’il purgera confortablement chez lui, sous le gardiennage discret d’un bracelet électronique. Une douceur judiciaire pour celui qui fut en cavale jusqu’à son arrestation à Rome, au terme d’une vie d’insolvabilité soigneusement mise en scène.

mise à jour le 12/10/25

Tant que le système produira des peines aussi commodes que les fraudes qu’elles prétendent punir, les Marco Mouly de ce monde auront de beaux jours devant eux.

Du CO2 à l’argent fantôme

Au cœur de ce qui reste l’une des plus grandes fraudes fiscales du siècle, Marco Mouly et ses complices ont détourné le marché européen des quotas carbone, conçu pour « sauver la planète ». Le mécanisme était d’une simplicité diabolique : acheter des quotas hors taxe dans un État membre, les revendre en France en y ajoutant la TVA, puis s’évaporer avec l’argent, sans jamais reverser la RVA à l’État. Préjudice : 283 millions d’euros pour la seule branche dirigée par Marco Mouly.

Condamné en 2017 à huit ans de prison, l’homme s’était alors enfui en Israël, où il cultivait avec délectation son personnage de parvenu — jets privés, voitures de luxe et mondanités — sur les réseaux sociaux. Cette exhibition aura finalement précipité sa perte, offrant aux autorités une piste numérique autant qu’un motif d’irritation.


Cavale, capture et justice accommodante

Arrêté à Rome en mars 2025 sous une fausse identité, extradé en juillet, Marco Mouly écope finalement d’une peine amenuisée pour insolvabilité organisée et blanchiment. La cour a invoqué son âge — soixante ans — et son état de santé, préférant le confiner à domicile plutôt que derrière les barreaux de Fresnes. Il reste certes interdit de gérer toute société et redevable d’une amende conséquente, mais une partie de l’argent volé demeure introuvable.



L’amère leçon

Sur les réseaux, certains s’indignent de voir un « saboteur des politiques climatiques » si tôt libéré. Au-delà du cas Mouly, c’est la capacité de la justice à sanctionner la délinquance financière qui est en jeu. La surveillance électronique suffira-t-elle à contenir un homme qui a fait de la fuite et de la dissimulation un mode de vie ? Tant que le système produira des peines aussi commodes que les fraudes qu’elles prétendent punir, les Marco Mouly de ce monde auront de beaux jours devant eux.

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