USAID, tarifs douaniers : Et si la politique de Trump était plus pragmatique qu’elle n’y paraît ? – Alexandre Regnaud

Trump donne l’impression de partir dans tous les sens. Mais Make America great again, c’est avant tout faire de la politique intérieure. Et derrière une apparence brouillonne et souvent farfelue, c’est en réalité et avant tout ce qu’il fait. L’analyse du géopolitologue Alexandre Regnaud.

mise à jour le 18/02/25

Derrière les apparences chaotiques, une stratégie bien pensée pour l’Amérique.

750 dollars pour les victimes de l’ouragan Hélène de 2024, contre 640 millions pour les migrants illégaux et 60,8 milliards d’aide à l’Ukraine votés en même temps au Congrès. Un constat gênant qui a fortement agité la campagne électorale, et bon exemple de l’état d’esprit de nombreux citoyens américains. Autres chiffres, d’après les services ferroviaires, 1 164 trains ont déraillé aux États-Unis en 2022, soit 3 par jour en moyenne, symbole d’un pays qui tombe littéralement en ruine. Ajoutons, loin des images d’Épinal d’Hollywood, des centres ville délabrés et peuplés de quasi zombies shootés au Fentanyl, opioïde de synthèse véritable fléau du pays. Bref, l’Amérique va (très) mal derrière son paravent interventionniste. Trump a été élu principalement pour agir contre ce déclin intérieur, et derrière des apparences parfois trompeuses, c’est exactement ce qu’il fait.



Ainsi, le fameux DOGE d’Elon Musk est là avant tout pour faire faire des économies au budget fédéral. Le but ici n’est évidemment pas de réduire la dette, autour de 30 000 milliards de dollars c’est impossible. L’objectif est de dégager des fonds pour d’autres priorités à l’intérieur même du territoire, en commençant par faire des économies sur les dépenses extérieures. La fermeture de l’USAID ou du NED ne sont pas autre chose. Bien sûr, cela permet aussi de lutter contre l’Etat profond et de redorer un peu l’image des Etats-Unis auprès d’un certain public dans le monde en mettant un terme à certains délires wokes ou aux ingérences politiques les plus grossières. Mais surtout, cela envoie un message clair aux citoyens américains : on arrête le gaspillage à l’étranger et on se recentre sur le local.



Autre aspect, les menaces régulières de «tarifs», c’est-à-dire de droits de douanes, proférées à tort et à travers. Dans bien des cas, ils seraient à moyen terme plus pénalisants pour l’économie et l’inflation américaine que pour les pays ciblés. Il s’agit donc ici uniquement d’un instrument de pression politique pour Trump afin d’obtenir ce qu’il veut, et là aussi, avant tout avec un double objectif intérieur.

Des voisins immédiats, Mexique et Canada, Trump veut un meilleur contrôle de leurs frontières, notamment pour enrayer le trafic du fameux Fentanyl qui ravage la population américaine. Également pour le Mexique, il s’agit de réduire l’immigration de masse, objet d’un profond mécontentement des citoyens américains et vecteurs de trafics et de criminalité. Et cela fonctionne : le Mexique a augmenté ses effectifs à la frontière. D’après Stephen Miller, chef adjoint de cabinet de la Maison Blanche : «Depuis que vous avez publié vos décrets du premier jour, les passages frontaliers ont diminué d’environ 95%… Les cartels sont extrêmement frustrés car ils n’ont jamais vu une répression comme celle-ci auparavant».

Les «tarifs» envers le Mexique ont d’ailleurs pour l’instant été suspendus. L’autre objectif est économique. Pour les voisins immédiats, cela vise à agir sur la relocalisation de la sous-traitance. Un grand nombre d’entreprises américaines sous-traitent une partie de leur production au Mexique, parce que la main d’œuvre est moins chère, ou au Canada, parce qu’elle est plus qualifiée. En imposant des «tarifs», Trump veut réduire la rentabilité du système et forcer le rapatriement des sous-traitants sur le sol américain, avec des emplois américains.

Lire la suite de l’article sur RT en français.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "USAID, tarifs douaniers : Et si la politique de Trump était plus pragmatique qu’elle n’y paraît ? – Alexandre Regnaud"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Économie

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous