L’analyse de Roland Lombardi dissèque avec une acuité clinique l’erreur stratégique majeure d’un président pourtant élu sur la promesse de sortir l’Amérique des guerres interminables. Trompé par les néoconservateurs et le lobby israélien qui lui ont vendu la chimère d’un effondrement rapide du régime, Trump a cru pouvoir ajouter l’Iran à son tableau de chasse sans comprendre la nature profonde de cet adversaire. Or, comme le souligne le géopolitologue, le régime iranien fonctionne telle une hydre : décapitez cinquante têtes, il en repousse cinquante autres, et sa maîtrise séculaire de la guerre asymétrique transforme chaque jour qui passe en victoire stratégique pour Téhéran.
Pendant que l’empire américain dilapide ses stocks de missiles et son crédit politique dans les sables perses, Pékin observe avec satisfaction ce rival qui, en cherchant un sursaut impérial, accélère précisément le déclin qu’il prétendait enrayer. Les Chinois, fins stratèges, savent que la meilleure guerre est celle que l’adversaire perd tout seul : en s’embourbant en Iran, Trump offre à la Chine un répit inespéré et fragilise jusqu’à sa propre base électorale, ces électeurs MAGA qui l’avaient plébiscité pour mettre fin aux aventures extérieures.
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