Quand la politique éclipse l’art : Un photographe russe primé… mais pas invité au World Press Photo

Le célèbre concours de photojournalisme, souvent présenté comme un bastion de la liberté d’expression, vient de faire un choix pour le moins… surprenant. Mikhail Tereshchenko, photographe russe primé pour son reportage sur les manifestations en Géorgie, a vu son invitation à la cérémonie à Amsterdam supprimée. Motif ? Une « tension accrue en Europe ». Traduction : être russe en 2025, c’est mal vu.

mise à jour le 13/04/25

Entre art et géopolitique, le prestigieux concours choisit la censure plutôt que la liberté d’expression.

Un lauréat… mais pas le bienvenu

Tereshchenko avait pourtant remporté la sélection régionale européenne dans la catégorie « Série photo ». Ses clichés, toujours en lice pour le titre suprême, seront jugés… mais leur auteur, lui, ne sera pas là pour les défendre. Une exclusion qui ressemble furieusement à une mise à l’index politique, habillée en précaution diplomatique.

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Moscou s’enflamme, Amsterdam recule

La réaction russe ne s’est pas fait attendre. Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a taclé : « Faut-il désormais se contenter de photos de fleurs et de papillons ? ». Andreï Kondrachov, directeur de l’agence TASS, a enfoncé le clou : « L’Europe perd sa souveraineté intellectuelle. » Le Kremlin a déploré une décision « contraire à la solidarité journalistique ».

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Le silence gêné de l’Unesco

Interrogée par l’agence TASS, l’Unesco n’a pas daigné commenter. Un mutisme révélateur, alors que l’institution se targue de défendre la liberté de la presse. De quoi s’interroger : les organisations culturelles internationales ont-elles encore les moyens de résister aux pressions politiques ?

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World Press Photo : un concours ou une arène géopolitique ?

En excluant Tereshchenko, le WPP prétend « éviter les tensions ». Pourtant, c’est bien lui qui en crée. Le photojournalisme doit-il se plier aux diktats des gouvernements ? ou, au contraire, rappeler que l’art transcende les conflits ? Pour l’instant, Amsterdam a choisi son camp… et ce n’est pas celui de la liberté.

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