OGM : la Commission européenne ouvre la voie à de nouvelles techniques de sélection végétale

1 mai 2021 | Environnement, Société

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La Commission européenne veut ouvrir la voie à de nouvelles techniques de sélection végétale qui permettront de modifier le génome de plantes, fruits ou légumes. Ces produits pourraient bientôt échapper aux règles drastiques qui encadrent les OGM. Quitte à jouer aux apprentis-sorciers ?

Que dit la Commission européenne ?

Dans un nouveau rapport publié ce jeudi, Bruxelles se prononce clairement en faveur de ces NBT, « new breeding techniques ». Traduisez : nouvelles techniques de sélection végétale. Ces nouvelles méthodes, plus rapides et plus précises, permettent de développer par exemple des variétés de colza ou de soja plus résistantes, ou mieux adaptées à la sécheresse.

Quel serait l’intérêt de les commercialiser ?

Pour la Commission européenne, l’enjeu est de soutenir l’innovation et de rester compétitif, car les brevets sont aujourd’hui essentiellement américains. Pour les scientifiques favorables à ces techniques, comme pour le ministre français de l’Agriculture, le but est d’adapter les plantes, les fruits et les légumes au gel, à la sécheresse, au stress hydrique.
Quant aux industriels, ils rêvent déjà d’un marché juteux estimé à plusieurs millions d’euros, rien que pour les semenciers français.

Les défenseurs de l’environnement estiment qu’ils jouent aux apprentis sorciers

Les défenseurs de l’environnement estiment que la Commission européenne, comme le ministre français de l’Agriculture, jouent aux apprentis-sorciers, en niant le principe de précaution. D’ailleurs, en 2018, la Cour de justice de l’UE avait jugé que ces produits issus de « mutagenèse » étaient bien des organismes génétiquement modifiés ! Ils devaient donc, selon elle, être soumis aux mêmes règles strictes (autorisation, traçabilité, étiquetage et surveillance). Les conséquences de ces mutations sur l’environnement des plantes, dans les champs, n’ont pas été étudiées.

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