Origines d’une guéguerre numérique
Retour en 2022. Le rappeur Élie Yaffa, alias Booba, entame une croisade virale contre Shauna Events, l’agence de Madame Berdah. Il dénonce ce qu’il appelle les « influvoleurs » et leurs méthodes de placement de produits parfois limites. La dame, elle, ne voit pas les choses du même œil : elle brandit la carte du cyberharcèlement, pleurant des ruptures de contrats et une réputation mise à mal.
En octobre 2023, le tribunal lui offre une première victoire : Booba est mis en examen pour harcèlement aggravé. Depuis, une vingtaine d’autres internautes, sans doute moins fortunés, ont été condamnés. Mais ce n’était qu’un apéritif.
40 millions de raisons de sourire
La dernière ordonnance est un coup de maître juridique. Pour sécuriser les futures indemnités de Magali Berdah et de ses sociétés (Shauna Events, Sublime Talent, MB Conseil), la justice a provisoirement évalué son préjudice à 40,6 millions d’euros. Un chiffre astronomique qui couvrirait, selon elle, des partenariats envolés et un moral en berne.
Conséquence immédiate : les droits d’auteur du Duc, habituellement versés par la Sacem, les plateformes de streaming et Universal Music, sont désormais gelés. L’artiste, bien installé à Miami, risque de trouver le temps long et son compte en banque soudainement plus léger.
L’artiste mis au silence (financier)
Pour Booba, l’addition est salée. Même si cette saisie reste conservatoire – l’argent est bloqué, pas encore encaissé par la partie adverse – elle a de quoi refroidir son enthousiasme créatif. Difficile de produire un nouvel album ou d’organiser une tournée quand vos revenus principaux sont mis sous cloche. L’homme aux clashs légendaires n’a, pour l’instant, pas réagi.
Le procès des réseaux ou la rançon de la gloire
Cette affaire, au-delà du spectacle, pose une question gênante : peut-on évaluer à 40 millions d’euros les dégâts causés par des tweets acides et quelques commentaires déplacés ? Elle interroge aussi sur la responsabilité des influenceurs, souvent prompts à exposer leur vie pour de l’argent, mais moins enclins à en subir les retours de flamme.
Le prochain acte se jouera au procès au fond. On y déterminera si Booba doit vraiment cracher au bassin pour avoir égratigné la reine des promoteurs. En attendant, la toile s’enflamme : les uns crient à la justice rendue, les autres à une saisie abusive qui transforme une querelle d’egos en braquage légalisé.
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