Les patrons de boîtes de nuit sous antidépresseurs

Musique, Politique

mise à jour le 22/03/21

Discothèque

Résister, tenter autre chose ou jeter l’éponge, les sentiments des gérants des boîtes de nuit clermontoises varient. Entre passion et exaspération, tous veulent en finir au plus vite avec une crise qui a mis leurs nerfs et leurs finances à rude épreuve.

Prêt à relancer la musique et illuminer les nuits

Depuis un an, l’énergie qu’il n’a pas pu dépenser sur la piste de danse, Julien Beaufils l’a jetée dans le combat. Le sien et celui de toute une profession.
Que ce soit devant la préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand, pour une opération escargot à Lyon, en visite au ministère à Paris, le Clermontois a livré toutes les batailles pour la réouverture des boîtes de nuit. Douze mois plus tard, le trentenaire a toujours la main sur l’interrupteur, prêt à relancer la musique et illuminer les nuits.

« Quand on a mis le panneau sur la porte, on pensait rouvrir trois semaines plus tard au maximum. Un an plus tard, il est encore là à nous narguer… C’est une catastrophe. »

« C’est simple, les antidépresseurs sont devenus mes meilleurs amis »

Sans perspective, le temps s’est mué en torture lente et continue. « C’est vrai que tant que l’on avait de l’espoir on venait… Avant de prendre une douche froide cet été. Tous les bars ont été autorisés à faire notre métier, et on est restés là, à encaisser cette injustice. On a bien compris que l’on a été les premiers à fermer et que l’on sera les derniers à rouvrir. » Une détresse partagée avec Christian Magard, son associé. « C’est simple, les antidépresseurs sont devenus mes meilleurs amis », lâche ce dernier.

« Subir, c’est un sentiment que je ne connaissais pas. L’ascenseur émotionnel permanent est dur à vivre et la vie de famille en prend un coup… »

Un arrêt buffet violent qui a ravagé les esprits et vidé les caisses. « On a bouffé 150 000 euros, c’est la trésorerie cumulée de plusieurs années de travail. »

« On a attendu le mois de novembre pour toucher le premier centime »

Et les aides dans tout cela ? « On a attendu le mois de novembre pour toucher le premier centime, les aides couvrent tout juste nos charges. Avec 5 000 euros de loyer exigés par le propriétaire qui ne nous a fait aucun cadeau et tous les frais fixes, on ne se sort plus de salaires. Rien. » Invivable pour Christian, seul avec ses deux enfants. « Ils ont pris des jobs étudiants pour m’aider. Mais tout est à l’arrêt. J’ai un crédit de maison sur le dos et aucune perspective… »

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