Pédocriminalité

L’enfer d’Inès, 16 ans, handicapée : 40 passes par jour sous le regard de l’ASE

Quatre jeunes hommes, âgés de 20 à 22 ans, originaires d’Aulnay-sous-Bois et de Dugny, ont comparu devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny. Accusés de proxénétisme aggravé et de blanchiment, ils auraient contraint Inès, 16 ans et atteinte d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), à se prostituer. Trente à quarante passes par jour, sans protection, dans des appartements sordides disséminés entre la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise.

mise à jour le 19/05/26

Entre les dossiers de l’ASE et les réseaux de proxénétisme, la frontière est floue…

Les annonces, publiées en ligne, attiraient une clientèle que les prévenus surveillaient de près. Leur rôle ? Contrôler la victime, encaisser l’argent, et s’assurer que le business tournait rond.

Des profils édifiants

Parmi les accusés, l’un avait travaillé au service comptabilité de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en Seine-Saint-Denis, relate Le Parisien. Un autre, Furax de son surnom, exerce le métier d’éducateur de la petite enfance. Tous ont nié les faits avec une aplomb déconcertant.



« C’est inhumain » : le cri d’une mère brisée

La mère d’Inès a témoigné, la voix tremblante d’indignation. Les prévenus, a-t-elle lancé, avaient « brisé » sa fille, elle-même, et toute sa famille. « On ne fait pas faire trente à quarante passes par jour à une gamine de 16 ans, a-t-elle martelé. C’est inhumain. » Des mots qui résonnent comme un réquisitoire contre l’hypocrisie d’un système censé protéger les plus vulnérables.

Le parquet requiert, la justice tergiverse

La substitute du procureur a requis six ans de prison et 5 000 euros d’amende contre le principal accusé, présenté comme l’« architecte » de ce système. Les autres écoperaient respectivement de cinq, quatre et trois ans de détention. Des peines qui, pour Me Clarisse Carounanidy, avocate de la victime, restent dérisoires au regard de l’horreur subie.



Un phénomène en explosion

Maître Clarisse Carounanidy a qualifié l’affaire de « dramatiquement banale ». Et pour cause : la prostitution des mineures a bondi de 347 % entre 2017 et 2025. La Seine-Saint-Denis, déjà tristement célèbre pour ses dossiers de proxénétisme, confirme son statut de terre de prédation. Le jugement a été mis en délibéré. En attendant, Inès reste une victime de plus dans une longue liste que personne ne semble pressé de réduire.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "L’enfer d’Inès, 16 ans, handicapée : 40 passes par jour sous le regard de l’ASE"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Pédocriminalité

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous