La député allemande Sahra Wagenknecht accuse : « La politique a laissé s’aggraver l’état des soins d’urgence »

Politique, Santé

mise à jour le 30/11/21

L’ancienne chef du groupe parlementaire de Die Linke, Sahra Wagenknecht, a défendu ses déclarations sur la vaccination Covid dans une interview vue plus de trois millions de fois sur YouTube au WELT du 18 novembre 2021. Elle déplore le clivage social entre les personnes vaccinées et celles qui ne le sont pas. Et accuse le gouvernement d’être responsable — et non le Covid — des aggravations des soins d’urgence. « Nous avons plus de six mille lits de soins intensifs de moins qu’il y a une bonne année. […] ce n’est pas la faute première du Covid, c’est la faute de la politique qui a laissé s’aggraver l’état des soins d’urgence, qui a laissé ces lits de soins intensifs ne plus pouvoir être exploités. »

– L’infection est en effet très rapide : hier, 53 000 personnes, aujourd’hui, 65 000. On ne sait même pas où on en sera dans deux semaines. Il y a maintenant des spéculations à ce sujet, ou des craintes qui se répandent, en Saxe, la semaine prochaine le triage, la semaine suivante des conditions comme dans le nord de l’Italie au début de la pandémie. Imaginez-vous qu’il faille, à un moment ou à un autre, recourir à des mesures allant dans le sens d’un confinement ? Tout le monde redeviendrait pareil, et tout sera fermé pour tout le monde.

– Oui, c’est très controversé concernant ce que les confinements ont vraiment apporté. Donc les restrictions de contact apportent certainement quelque chose, la prudence apporte quelque chose, mais je pense que nous devons aussi voir les chiffres réels. Nous avons actuellement plus de 3000 patients Covid dans les unités de soins intensifs, dont environ 2000 n’ont pas été vaccinés. Mais nous avons plus de 6000 lits de soins intensifs de moins qu’il y a une bonne année. Et si je mets ces deux chiffres côte à côte, il faut dire très clairement que certaines opérations sont à nouveau reportées, ce n’est pas la faute en premier lieu du Corona, c’est la faute de la politique qui a laissé s’aggraver l’état des soins d’urgence, qui a laissé ces lits de soins intensifs ne plus pouvoir être exploités. C’est là le véritable scandale. Autrement dit, il faudrait faire quelque chose à très court terme, on pourrait le faire — parce qu’il y a déjà beaucoup d’infirmières qui ne travaillent plus dans leur profession — avec des primes d’entrée élevées, de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, alors on aurait déjà depuis longtemps…
Je veux dire que nous aurions pu faire quelque chose depuis un an et demi dans cette pandémie et je pense que nous devrions le faire au plus tard maintenant. Ce serait effectivement très, très important, parce qu’une situation de triage dans un pays comme l’Allemagne, on ne peut pas et on ne devrait pas non plus la laisser se produire.

Traduction MemiD5 pour Le Média en 4-4-2

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