L’euphorie macabre des députés
Dans l’hémicycle, l’adoption du texte a donné lieu à une scène surréaliste : des parlementaires d’Otzma Yehudit, verre de champagne à la main, ont fêté leur victoire comme on célèbre un mariage – ou un lynchage légalisé. Les images, virales, ont choqué jusqu’aux alliés traditionnels d’Israël. Mais pour Ben-Gvir et ses acolytes, cette loi n’est qu’un début : la normalisation de l’exécution d’État, présentée comme une réponse à la « barbarie palestinienne », masquerait mal une volonté d’épuration méthodique.
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La loi instituant la peine de mort par pendaison à l’encontre des détenus palestiniens a été adoptée. pic.twitter.com/E54IO9A2rK
— Focus (@FocusinfosFr) March 30, 2026
« Apartheid judiciaire » : le droit international piétiné
Amnesty International, B’Tselem, l’ONU : le chœur des condamnations est unanime. Cette loi, résolument discriminatoire, enfreint les conventions internationales et consacre l’apartheid dénoncé depuis des décennies. L’Autorité palestinienne y voit une « déclaration de guerre », tandis que l’Europe, entre gêne et impuissance, se contente de « profondes préoccupations ». Deux exécutions seulement dans l’histoire d’Israël (Eichmann en 1962, un espion en 1948) – mais demain, des dizaines, voire des centaines de Palestiniens pourraient peupler les potences de Cisjordanie.
Gaza, Cisjordanie, Knesset : la mécanique de la répression
Le timing n’est pas anodin. Alors que Gaza brûle et que la Cisjordanie s’embrase, Netanyahou offre à son électorat le spectacle d’une fermeté sans faille. Les prisons israéliennes, déjà saturées de 5 000 détenus palestiniens, préparent leurs infrastructures : des échafauds en kit, des protocoles « optimisés ». La Cour suprême, saisie par des ONG, pourrait suspendre la loi – mais son adoption suffit à envoyer un message clair : Israël ne recule plus, il exécute.
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