Israël veut rétablir la peine de mort par une loi d’exception
Porté par l’extrême droite – notamment Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit) et Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale –, le projet supprime toute marge de manœuvre judiciaire :
. Exécution par pendaison dans les 90 jours suivant le verdict, sans possibilité de grâce.
. Pas d’unanimité requise parmi les juges, contrairement aux rares cas prévus jusqu’ici.
. Double standard juridique : les Palestiniens de Cisjordanie, jugés par des tribunaux militaires, seront les premières cibles. Les Israéliens, eux, relèvent des juridictions civiles.
Un système kafkaïen, où la présomption d’innocence s’efface devant l’impératif sécuritaire.
Le contexte : une coalition ivre de représailles
Depuis les attaques du 7 octobre 2023, le gouvernement Netanyahou, dominé par l’aile la plus radicale, multiplie les mesures punitives. Zvika Fogel, président de la commission, justifie ce texte par des « circonstances exceptionnelles » – un euphémisme pour désigner l’occupation permanente et la répression systématique.
Israël n’a plus exécuté personne depuis Adolf Eichmann en 1962. La peine de mort, abolie en 1954 pour les crimes de droit commun, n’était théoriquement applicable qu’en cas de génocide ou de crimes de guerre – avec l’unanimité des juges. Désormais, la machine judiciaire israélienne s’affranchit même de ces garde-fous.
Un tollé international… et des silences complices
Les réactions ne se sont pas faites attendre :
. Amnesty International et la Coalition mondiale contre la peine de mort dénoncent une loi « raciste », conçue pour cibler les Palestiniens (plus de 10 000 détenus aujourd’hui).
. Les experts de l’ONU parlent d’une violation flagrante du droit à la vie et d’une discrimination ethnique institutionnalisée.
. Le Hamas y voit une « déclaration de guerre », tandis que des médias israéliens comme Haaretz soulignent le caractère précipité du processus.
Pourtant, dans les coulisses, les prisons israéliennes préparent déjà les potences.
Israël, nouveau champion des démocraties sanguinaires ?
Si le texte est adopté – ce qui ne fait guère de doute –, Israël deviendra le seul État « démocratique » à réintroduire la peine de mort pour terrorisme au XXIe siècle. Une première depuis… l’Afrique du Sud de l’apartheid.
Les risques ? Erreurs judiciaires irréparables, escalade violente et normalisation de l’arbitraire. La communauté internationale, prompte aux déclarations, restera-t-elle spectatrice ?
La justice comme instrument de terreur
Ce projet n’est pas une réponse au terrorisme. C’est un aveu d’échec : celui d’un État qui, faute de paix, choisit la barbarie légale. Les Palestiniens, déjà privés de droits, le paieront de leur vie. Les Israéliens, eux, paieront le prix de leur aveuglement collectif.
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