Un pèlerinage déjà bien rodé
On se souvient qu’en mars 2025, le même Gabriel Attal avait effectué un séjour remarqué en Israël – plusieurs jours à arpenter les sites du 7 octobre, aux côtés des familles endeuillées, avec cette petite musique récurrente : « droit d’Israël à se défendre », « se faire respecter ». Une partition bien huilée, jouée devant les caméras, qui lui valut les sourires des officiels locaux.
Gabriel Attal est prêt à recevoir Netanyahou en France. pic.twitter.com/dePMGoyoox
— L’oeil Medias (@LoeilMedias1) June 29, 2026
Le droit international, cette option
Aujourd’hui, Gabriel Attal franchit une ligne rouge sans frémir. Accueillir officiellement le Premier ministre israélien, alors que la Cour pénale internationale le poursuit pour crimes de guerre et génocide à Gaza, relève de l’exercice de funambule juridique. Mais notre candidat, apparemment, ne souffre d’aucune gêne dialectique. La France, pourtant signataire du Statut de Rome, se doit d’arrêter toute personne visée par un mandat de la CPI. À moins que l’amitié avec l’État hébreu ne rende cette obligation facultative – une interprétation personnelle que Gabriel Attal assume sans ciller.
Une constance dans la complaisance
Le parcours du personnage est, sur ce point, d’une linéarité confondante. Visites de solidarité, déclarations d’allégeance, abstention systématique devant les bilans de Gaza : Gabriel Attal cultive son jardin pro-israélien avec une régularité de métronome. Dans son sillage, les relais habituels du lobby, le CRIF en tête, se frottent les mains. Que demander de plus qu’un futur président disposé à transformer l’Élysée en salon d’honneur pour un prévenu de la CPI ?
Pendant ce temps, à Gaza…
Les bombes continuent de pleuvoir, le blocus étrangle une population exsangue, les morts s’accumulent dans une indifférence souveraine. Mais Gabriel Attal, lui, songe déjà au protocole : poignées de main, photo officielle, discours de bienvenue. Tout pour signifier que certains criminels, pourvu qu’ils soient du bon côté de l’axe géopolitique, méritent les honneurs de la République.
Le message est limpide
Pour Gabriel Attal, les mandats internationaux ont une date de péremption : celle où ils croisent sa sympathie pour Israël. Peu importe si la France piétine ses engagements, si la CPI est réduite à un vulgaire faire-valoir. L’essentiel est ailleurs : dans cette complicité affichée, ce mépris élégant pour le droit des peuples.
Suite et fin ?
On attend avec une ironie gourmande la prochaine étape : une médaille ? Une invitation à dîner pour services rendus à la diplomatie du fait accompli ? Une certitude, en attendant : si Gabriel Attal est élu, Benjamin Netanyahou n’aura plus à ruser pour entrer en Europe. L’Élysée lui ouvrira ses portes, grandes ouvertes, et le CRIF pourra composer le menu. Le reste, les morts, les principes, n’est que littérature.
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