Selon plusieurs sources, environ 30 000 réfugiés africains en Israël, principalement des demandeurs d’asile en provenance du Soudan et de l’Érythrée, auraient été incités à rejoindre les rangs de l’armée israélienne. Certains d’entre eux se seraient vu offrir une régularisation de leur statut, une carte de résident permanent ou encore des avantages financiers en échange de leur participation active au combat, au risque de leur vie.
🇮🇱 Selon le journal israélien Haaretz, l’armée recrute, parmi les 30.000 demandeurs d’asile africains présents sur son territoire.
►Ils sont envoyés combattre à #Gaza, en contrepartie, ils obtiendront une résidence permanente dans le pays.
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Ces demandeurs d’asile ont souvent traversé des épreuves traumatiques et beaucoup se trouvent en Israël depuis plusieurs années sans statut juridique stable, les maintenant dans des conditions de vie précaires. Pour comprendre l’ampleur de cette révélation, il est crucial de replacer cette actualité dans un contexte plus large. Israël, depuis sa création en 1948, se présente comme une terre d’accueil pour les juifs persécutés à travers le monde. Toutefois, cette vision universaliste n’a pas toujours inclus les migrants africains, qui sont arrivés en nombre au cours des deux dernières décennies, fuyant les conflits et les dictatures dans leurs pays respectifs. Ces réfugiés ont souvent été considérés comme une menace démographique et économique par certains courants politiques conservateurs israéliens, notamment ceux au pouvoir aujourd’hui, et ils ont régulièrement fait l’objet de discriminations.
Les révélations du jour mettent en lumière un autre aspect particulièrement délicat : la négrophobie en Israël. Si le racisme à l’encontre des Africains n’est pas un phénomène nouveau dans le pays, il prend ici une nouvelle dimension. On se souvient par exemple des discriminations subies par les juifs éthiopiens arrivés en Israël lors des opérations de rapatriement dans les années 80 et 90. Ils ont été à l’époque confrontés à un racisme systémique, à l’exclusion économique et sociale, et à des pratiques discriminatoires comme la stérilisation forcée des femmes. En 2013, Israël reconnaissait même avoir contrôlé les naissances des immigrées éthiopiennes après des années d’accusations.
Dans le cas des demandeurs d’asile non juifs, la situation est encore plus complexe. Ils ne bénéficient pas du droit au retour réservé aux juifs de la diaspora et sont souvent considérés comme des étrangers indésirables. Le gouvernement israélien a longtemps évité d’accorder des droits ou un statut de réfugié à ces populations, préférant les laisser dans un flou juridique. Leur recrutement dans l’armée est une manière cynique d’exploiter leur vulnérabilité, les transformant en chair à canon en échange de promesses de régularisation.
Les organisations de défense des droits humains en Israël ainsi que des associations de soutien aux migrants dénoncent aujourd’hui ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation des personnes les plus fragiles. Du côté des autorités israéliennes, peu de déclarations officielles ont été faites à ce sujet. Cependant, ce type de pratique, s’il est avéré, pourrait entraîner des tensions diplomatiques, notamment avec les pays d’origine des demandeurs d’asile concernés.
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