Dominique Pelicot avait été mis en examen en 1991, pour le viol et le meurtre de Sophie Narme, 23 ans, agente immobilière, puis en 1999 pour une tentative de viol sur une deuxième agente immobilière, de 19 ans. Faute de preuve, il s’en tire. Le 30 juillet 2010, surpris en train de filmer sous les jupes de clientes dans un supermarché de Seine-et-Marne, il est placé en garde-à-vue et s’en tire avec 100 euros d’amende. Mais les policiers prennent son ADN… avec une empreinte, le tout est enregistré dans le Fichier national des empreintes génétiques. La police scientifique transmet alors l’information à la justice, cela aurait pu compléter ses précédents dossiers, mais… rien ne se passe.
L’information, envoyée par une simple lettre sans accusé de réception, n’est jamais arrivée ou jamais traitée par le paquet de Meaux qui pilotait l’enquête sur la tentative de viol. Les premiers viols de Gisèle Pelicot débuteront l’année suivante, en juillet 2011. Ils auraient pu être évités.
La faute à l’« impensé organisationnel »
Un magistrat en poste à l’époque explique que le parquet de Meaux était alors en pleine réorganisation et croulait sous les dossiers. Des pièces disparaissaient régulièrement. L’Inspection générale de la justice a reconnu dans cette bavure un « impensé organisationnel ». Le vocabulaire juridique est d’une grande richesse. Qui aurait ainsi qualifié une lettre jetée à la poubelle ? Il fallait la Justice pour y penser.
La Justice se modernise
Darmanin, notre ministre de la Justice, a pris les choses en main, si l’on ose dire. Il a décidé d’une grande réforme technologique. Désormais les pièces à joindre aux dossiers seront envoyées par la Police à la Justice par mail. Tout le monde n’en aurait pas eu l’idée. Rassurons-nous, les magistrats sauront explorer les infinies possibilités de perdre un fichier, même sur Internet.
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