Prenons l’incident du 27 septembre dernier : la frégate française arraisonne le pétrolier Boracay (ex-Pushpa) au large d’Ouessant. Mme Lavalette y voit un navire russe, preuve d’une agression imminente. Or, le Pushpa naviguait sous pavillon béninois – quand il en arborait un. Apolitique et apatride, ce bateau transportait du pétrole russe vers l’Inde, dans le cadre d’échanges parfaitement légaux avec des États non soumis aux sanctions européennes. Où est la menace ? Pas une arme, pas un drone. L’équipage, lui aussi, déjoue le récit alarmiste : capitaine et second sont chinois. On est loin des commandos de Poutine.
Je salue nos commandos marines qui ont arraisonné un navire de la flotte fantôme russe au large de Saint-Nazaire.
La menace que fait peser la Russie sur notre sécurité maritime est connue.
Ni va-t-en guerre, ni naïveté à l’égard de ceux menacerait les intérêts français. pic.twitter.com/Aa7Y5veFwo— Laure Lavalette (@LaureLavalette) October 2, 2025
Un incident commercial transformé en crise diplomatique
L’affaire aurait pu rester un incident technique, mais, parce qu’il fallait bien trouver un motif, le capitaine est renvoyé devant le tribunal pour refus d’obtempérer. En effet, face à ce qui lui a semblé un acte de piraterie, il avait tardé à arrêter le tanker. Mais l’affaire, s’il y en a une, a été érigée en symbole. Emmanuel Macron y a vu le prétexte idéal pour appeler à une « politique d’entrave » européenne contre une prétendue « flotte fantôme » russe. De son côté, Vladimir Poutine a dénoncé un acte de « piraterie ». La boucle était bouclée : un incident commercial transformé en crise diplomatique.
Cette « flotte fantôme », présentée comme une armada menaçante, n’est pourtant que la conséquence logique des sanctions occidentales. Elle permet à Moscou de contourner le plafonnement du prix du pétrole, sans pour autant représenter un risque militaire. Certains médias s’émeuvent de drones survolant des tankers au Danemark ; d’autres, comme Mme Lavalette, en font la preuve d’un complot. La réalité est moins cinématographique : il s’agit de commerce, non de sabotage.
Preuve ultime du décalage entre les fantasmes et les faits : le Boracay (ex-Pushpa) a repris la mer dès ce vendredi 3 octobre. Aucune menace persistante, aucune immobilisation prolongée. L’incident était clos presque aussitôt qu’évoqué.
Le pétrolier fantôme russe arraisonné au large des côtes françaises a repris sa route, selon Marine Traffic
➡️ https://t.co/HyRVpok032 pic.twitter.com/qsLBOQCSbx— FRANCE 24 Français (@France24_fr) October 3, 2025
Les déclarations de Laure Lavalette relèvent moins de l’analyse géopolitique que de la fiction idéologique. Elles alimentent la russophobie, mais ignorent les réalités du droit maritime et des échanges internationaux. La Russie défend ses intérêts ; certains politiques, eux, semblent surtout défendre la macronie.
Aux dernières nouvelles, depuis Copenhague, Emmanuel Macron aurait encore déclaré la guerre à la Russie. Poutine aurait envoyé sa flotte contre la France, mais sans trouver le temps d’envoyer des drones.
Faute d’ennemi suffisamment défini, Emmanuel Macron a dû finalement se contenter de déclarer la guerre à la France.
Une flotte fantôme donc un bateau fantôme sont une composante de marine marchande qui ne s’assure pas ni n’assure son fret auprès des grosses compagnies d’assurances occidentales., ce faisant n’est pas contrôlé par l’empire maritime, ne paie pas l’octroi seigneurial.