Politique internationale

Emmanuel Macron amorce un virage diplomatique : vers une reconnaissance officielle de l’État palestinien en juin

Emmanuel Macron change de cap : après un an de silence, la France envisage de reconnaître l’État palestinien dès juin 2025, lors d’une conférence internationale à New York. Macron se repositionne face à Trump en adoptant une ligne équilibrée.

mise à jour le 10/04/25

Macron se repositionne face à Trump en adoptant une ligne équilibrée.

C’est un virage diplomatique à 180 degrés que vient d’opérer Emmanuel Macron. Après un an de silence jugé assourdissant face au drame humanitaire en Palestine avec plus de 80% de la bande de Gaza détruite, le président français amorce un changement de posture inédit : la France pourrait reconnaître officiellement un État palestinien dès le mois de juin 2025.

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Ce bouleversement de doctrine a été annoncé par Emmanuel Macron lui-même, dans un entretien accordé à C à vous sur France 5, au lendemain de sa visite en Égypte. Le timing n’a rien d’un hasard : le chef de l’État veut frapper fort, et marquer les esprits à l’approche d’une conférence internationale prévue à New York, coprésidée par la France et l’Arabie Saoudite.

« On doit aller vers une reconnaissance, et donc dans les prochains mois, on ira. Je le ferai (…) parce que je pense qu’à un moment donné ce sera juste », développe Emmanuel Macron. Le président de la République dit aussi vouloir « participer à une dynamique collective, c’est-à-dire qui doit permettre aussi à tous ceux qui défendent la Palestine de reconnaître à leur tour Israël, ce que plusieurs d’entre eux ne font pas ; d’être clairs contre ceux qui nient le droit d’Israël à exister, ce qui est le cas de l’Iran ; et de nous engager sur une sécurité collective de la région », a-t-il déclaré avec assurance.

Il insiste : la République ne doit pas céder aux amalgames. Être solidaire de Gaza ne signifie pas être antisémite, martèle-t-il :

« On pense qu’être pour Gaza, c’est être contre Israël, et donc contre les Israéliens, et donc contre tous les Juifs. C’est totalement faux. C’est n’importe quoi. »

Un électrochoc diplomatique… ou un réveil tardif ?

Alors que le conflit israélo-palestinien a connu une escalade sans précédent depuis plus d’un an, avec des centaines de milliers de morts côté palestinien, Emmanuel Macron semble enfin sortir de son immobilisme. Derrière cette prise de position, une volonté politique forte se dessine : repositionner la France comme un acteur central dans la relance du processus de paix au Moyen-Orient.

Le chef d’État a visité un hôpital, l’hôpital La Riche. Là-bas, il a rencontré plusieurs enfants victimes des raids de l’armée israélienne :
« Ma présence à l’Arche aujourd’hui, c’est : on n’a pas le droit d’oublier Gaza. Il y a aujourd’hui, en tout cas, une génération à Gaza qui a vécu le pire. Et j’ai vu, c’était bouleversant. Des enfants, des adultes. Certains avaient des regards qui portaient… Au-delà de la douleur, c’est-à-dire quand vous êtes allés au-delà même de l’humanité, quand vous voulez survivre. Il y avait une jeune femme qui avait été blessée à la colonne vertébrale, qui était restée dans les décombres de septembre à mars. Son regard n’était pas un regard de douleur. Elle avait perdu tous ses frères et sœurs, tous. Devant sa belle-mère qui était là, qui avait perdu cinq enfants, petits-enfants. Son regard n’avait plus de douleur. Elle avait… ce n’était même pas de la rage. Elle, elle voulait revenir sur sa terre. Et donc, quand on arrive à ce degré-là, l’immense responsabilité que prennent ceux qui font ça, c’est de construire des générations qui auront grandi dans le ressentiment. »

Le président affirme vouloir « participer à une dynamique collective », où la reconnaissance de la Palestine irait de pair avec celle d’Israël par des États arabes jusqu’alors réfractaires, dans un cadre de « sécurité collective pour la région ». L’Iran, ouvertement hostile à l’existence d’Israël, est directement visé dans ses propos.

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Objectif : relancer la solution à deux États

Cette conférence de juin à New York pourrait ainsi marquer un moment historique, avec un appel à une reconnaissance réciproque entre Israël et la Palestine. Une ambition nourrie par la récente reconnaissance de la Palestine par plusieurs pays européens : l’Irlande, la Norvège, l’Espagne, et plus récemment la Slovénie.

Pour Emmanuel Macron, l’heure est à la clarification : « Je le ferai parce que je pense qu’à un moment donné, ce sera juste. » Une phrase lourde de sens, après des mois d’ambiguïté.

Une posture stratégique : marquer sa différence avec Trump et se repositionner sur l’Ukraine

En embrassant une ligne diplomatique plus équilibrée, Macron se repositionne face à Donald Trump, dont le soutien inconditionnel à la politique israélienne alimente les clivages. Par ricochet, le président français cherche à se redonner de la crédibilité sur un autre dossier crucial : l’Ukraine.

Après des mois de critiques sur son flou stratégique, notamment face à la Russie, ce tournant sur la Palestine peut aussi redorer son image internationale, en l’inscrivant comme acteur central d’un nouvel équilibre mondial, entre paix au Proche-Orient et solidarité européenne face à l’agression russe.

Réactions positives du côté palestinien

Cette annonce a été saluée par des responsables palestiniens. Varsen Aghabekian Shahin, ministre d’État aux Affaires étrangères, a qualifié ce geste de « pas dans la bonne direction », aligné avec la défense des droits du peuple palestinien et la mise en œuvre de la solution à deux États, toujours refusée par Benyamin Nétanyahou.

Vers un repositionnement de la France sur la scène internationale ?

En se positionnant en faveur d’une reconnaissance officielle de l’État palestinien, Emmanuel Macron tente de reprendre la main sur un dossier hautement symbolique, à l’heure où les regards du monde se tournent vers le Proche-Orient. Une manière aussi de redorer le blason diplomatique de la France, jugée absente ou prudente à l’excès depuis le début du conflit.

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Ce retournement stratégique ne manquera pas de faire réagir, en France comme à l’international.

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1 commentaire sur "Emmanuel Macron amorce un virage diplomatique : vers une reconnaissance officielle de l’État palestinien en juin"

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  1. Macron reconnaît la Palestine ? Quand l’opportunisme devient diplomatie.

    Pendant un an, Macron s’est tu.
    Des enfants écrasés sous les bombes, des hôpitaux détruits, 80 % de Gaza en ruines…
    Et lui ?
    📉 Rien.
    Pas un mot, pas une ligne rouge.

    Et voilà qu’à deux mois d’une conférence,
    🎭 il nous sort la reconnaissance de la Palestine,
    comme un tour de prestidigitateur en fin de mandat.

    Il le fait « parce que c’est juste » ?
    Non.
    Il le fait parce que ça l’arrange.
    Parce que Trump revient, parce que les peuples grondent,
    et parce qu’il veut sauver son image à l’international.

    Mais on n’achète pas le pardon avec des promesses tardives.
    On ne construit pas la paix sur un an de lâcheté.

    Lame Insoumise soutient la reconnaissance pleine, réelle et souveraine d’un État palestinien.
    Pas comme une monnaie d’échange,
    mais comme un acte de justice.

    Macron parle de paix.
    Nous, on exige la dignité.

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