Covid-19 : à présent, les femmes enceintes peuvent être vaccinées

14 avril 2021 | Santé, Société

Le 11 février 2021, l’OMS reste réservée sur la vaccination des femmes enceintes car « on dispose de très peu de données pour évaluer la sécurité du vaccin pendant la grossesse ». Avec un grand sens logique elle n’hésite pourtant pas à extrapoler : « Les femmes enceintes peuvent recevoir le vaccin si les avantages de la vaccination chez une femme enceinte l’emportent sur les risques potentiels du vaccin. » D’un côté, on ne dispose pas d’assez de données pour avoir un avis ; de l’autre on a quand même un avis. On peut imaginer vacciner certaines femmes enceintes, si elles travaillent dans le médical ou ont des problèmes de santé.

Le ministère de la Santé est moins prudent.  Dès le 3 avril il décide, sans aucune réserve, que toutes les femmes enceintes peuvent être vaccinées. « Conformément aux recommandations du Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale du 29 mars 2021, l’accès prioritaire à la vaccination contre la Covid-19 est aussi élargi aux femmes enceintes, avec ou sans comorbidités, et ce à partir du deuxième trimestre de la grossesse. »

Qui dirige ? McKinsey ou le directeur général de la Santé ?

Qui signe cette directive du ministère ? Laëtitia Buffet,  du cabinet McKinsey, responsable de la Task Force Vaccination [NDLR : groupe de travail, mais c’est du français et McKinsey, à qui notre santé est confiée, est américain]. Pourquoi lui faire confiance ? On vous laisse lire notre article sur les diverses escroqueries de McKinsey. D’un autre côté, Jérôme Salomon, directeur général de la santé, n’est pas non plus très rassurant. Son passé est traversé de l’accusation d’avoir exercé des pressions pour modifier un rapport mettant en cause sa gestion calamiteuse des masques. En plus pittoresque, il y a également son licenciement de l’Institut Pasteur pour avoir joué au corbeau en écrivant des lettres dans lesquelles il se disait victime de harcèlement sexuel, de corruption et de menace de mort de la part d’un dirigeant. Il l’accusait de pédophilie, de zoophilie et de sadomasochisme et, pour finir, menaçait de se suicider.  

Pourquoi cette décision de vacciner toutes les femmes enceintes ? 

D’abord, le Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale a recommandé de vacciner toutes les femmes enceintes. Argument d’autorité, non étayé d’arguments. Qui sont ces responsablesLes membres du Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale sont très courtisés par les laboratoires. On vous donne la liste de leurs bakchichs (vous pouvez la sauter et aller directement au paragraphe « CARE », car c’est un peu long).

Brigitte Autran, ancien praticien hospitalier, a reçu 16 184 de Janssen France. Alain Fischer, pionnier de la thérapie génique, a reçu pour ses recherches 88 000 € de LFB, CSL Behring, Octa Pharma. Yvanie Caillé, ingénieure en mathématiques appliquées, a reçu pour son association Renaloo : Amgen : 14000€, Astellas : 75000€, Baxter : 25000€, BMS : 20000€, Chiesi : 22500€, MSD : 5000€, Novartis : 20000€, Otsuka : 15500€, Pfizer : 20000€, Physidia : 20000€, Roche : 26 400€, Sandoz : 12500€, Sanofi : 20110€, Theradial : 4000€. Arnaud Fontanet, professeur à l’Institut Pasteur, a reçu 9 500€ de Alllianz et Scor. Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm (Paris, France), a reçu 2000€ de Bioaster, 12 000 de Wellcome Trust, 15 000 * en actions et 33 000€ de jeton de présence de Biomérieux Lyon. Xavier de Lamballerie a créé et coordonne la collection Européenne des virus (EVA) financée par la Commission Européenne. L’EVAg regroupe actuellement 38 laboratoires. Lesquels ? Il faut faire une demande pour être autorisé à le savoir. Henri Partouche, médecin généraliste, a reçu 25 000 € de Pfizer et 9350€ de divers événements organisés par l’agence Overcome. Christophe Bardin, pharmacien des Hôpitaux, n’a reçu que  1 500 € dePfizer, 900 £ de GSK,  1200€ de Synakène, des broutilles.

D’autres n’ont carrément rien reçu. Il s’agit de Nicolas Brun, administratif, Coralie Chevallier, chercheur en sciences cognitives, Mélanie Heard, philosophe, Anne Monnier, infirmière, ainsi que Patrick Peretti-Watel, sociologue. On se demande ce qu’ils font dans ce Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale, mais, vu leurs qualifications, on comprend pourquoi les labos ne leur ont rien donné.

Le CARE,  un organisme indépendant ?

Le gouvernement sait s’entourer. Et plutôt deux fois qu’une. Ainsi, en mars 2020,  il a créé deux Conseils scientifiques. Un aurait suffit, notez bien, mais non, c’est comme ça. Le second conseil s’appelle le Care, pour Comité analyse recherche et expertise. Et qui en fait partie ?

Eh bien, tout d’abord le champion du « conflit d’intérêts » (c’est le nouveau nom de la corruption) : Yazdan Yazdanpanah. Il a touché un total de 170 000 €. En plus Gilead lui a fait visiter Barcelone, Istanbul, Montreal, Amsterdam, San Francisco, Boston… Honnêtement il déclare à plusieurs reprises ne plus se souvenir du montant  de certaines aides. De Abbvie il a touché environ 16 000 €, de MSD 25 000€, de J&J : 20 000 € environ… Bon on va pas faire le détail, c’est vraiment trop long. Le pneumologue, Dominique Valeyre, lui aussi membre du Care, est un petit joueur avec ses 49 398 € de Bohringer Ingelheim, ses 11 000 € de Roche et 1 000€ d’Astrazeneca.

Vous l’avez compris, le CARE, c’est pas vraiment l’organisme fiable. 

Peut-on se fier à l’avis des gynécologues ?

Heureusement des professionnels offrent leur appui aux dernières mesures pour la vaccination des femmes enceintes. Il s’agit du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, présidé par Israël Nisand. Depuis le début de l’année, il revendiquait un élargissement de la vaccination prioritaire pour les femmes enceintes. Toujours la balance bénéfices-risques : il y aurait plus de risque à développer la maladie qu’à se faire vacciner contre elle. 

Qui est Israël Nisand ? Son nom est associé aux firmes Effik et HRA Pharma. « J’ai des intérêts avec tous les laboratoires qui m’aident à organiser des congrès dans ma ville », a-t-il déclaré tranquillement au congrès Infogyn 2012. Et d’expliquer que 25 laboratoires financent sa réunion annuelle de formation des gynécologues d’Alsace ; que lorsqu’il est expert invité à la conférence de presse d’Effik, on lui « rembourse l’après-midi. Je viens à Paris, je ne vais quand même pas le faire à mes frais ! » Ses avis quant à la stratégie sanitaire doivent être prises en toute objectivité.

Une nouvelle étude…

Publiée le 25 mars dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology, une étude a tenté de montrer l’efficacité des vaccins à ARN messager (donc Pfizer/BioNTech et Moderna) chez les femmes enceintes et allaitantes. Des recherches ont porté sur 131 femmes en âges de procréer réparties de la sorte : 84 femmes enceintes, 31 mères allaitantes et 16 femmes ni enceintes ni allaitantes. Toutes ont reçu l’un des vaccins à ARN messager. Et les résultats seraient plutôt encourageants, disent ceux qui veulent nous encourager. 

Cette étude financée, entre autres, par la Fondation Bill et Melinda Gates et la Fondation Musk, a-t-elle été faite en toute indépendance ? On l’espère, on le souhaite. Un échantillon de 84 femmes enceintes, est-ce assez pour établir une stratégie à l’échelle d’un pays ? Après tout notre ministre de la Santé tient encore compte aujourd’hui de l’étude du Lancet organisée par une strip-teaseuse — pour d’interdire tout traitement à base d’hydroxychloroquine.

Les femmes ne sont pas encore obligées de se faire vacciner au 6e mois de grossesse, ni même plus tard. Il faut en profiter pour réfléchir… Tant qu’on a le temps !

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.