Un schéma bien huilé
Selon les enquêteurs du Bureau national anticorruption et du Parquet spécialisé, les fonds proviendraient de détournements au sein d’entreprises d’État, notamment Energoatom, l’opérateur nucléaire ukrainien. Cette affaire s’inscrit dans une enquête plus large, baptisée « Opération Midas », qui vise plus de 100 millions de dollars de corruption présumée dans les secteurs de l’énergie, des armes et des marchés militaires.
60 jours pour réfléchir
La cour a fixé la durée de la détention provisoire à 60 jours, avec possibilité de libération sous caution : 140 millions de hryvnias, soit environ 3 millions d’euros. Andriy Yermak, 54 ans, conteste farouchement les accusations. Lors de l’audience, il a déclaré ne pas pouvoir payer seul cette somme, mais espérer l’aide de ses « amis ». Une ironie de plus dans ce pays où les réseaux comptent souvent plus que la loi.
Une démission en demi-teinte
Andriy Yermak avait quitté ses fonctions en novembre 2025, quelques heures après une perquisition à son domicile. À l’époque, l’entourage présidentiel avait présenté cette démission comme un geste pour « restaurer la confiance ». Un argument qui sonne aujourd’hui comme une mauvaise blague.
Zelensky, intouchable ?
Aucune charge n’a pour l’instant été retenue contre Volodymyr Zelensky lui-même. Pourtant, l’affaire jette une ombre sur son règne, alors que l’Ukraine, en pleine guerre, subissait déjà des pressions internationales pour lutter contre la corruption. Les institutions anticorruption, créées après Maïdan en 2014, continuent de fonctionner, malgré tout.
Un procès en direct
Les audiences des 12 et 13 mai ont été retransmises en direct, preuve, selon les autorités, de leur transparence. Les enquêteurs y ont détaillé l’utilisation présumée de sociétés écrans et de transactions fictives entre 2021 et 2025. Objectif ? Blanchir des fonds via la construction de résidences de luxe, dont l’une aurait été destinée à Andriy Yermak lui-même.
12 ans de prison en ligne de mire
En cas de condamnation, l’ex-conseiller risque jusqu’à 12 ans de prison. Une perspective qui, dans l’Ukraine d’aujourd’hui, pourrait bien n’être qu’un détail de plus dans une longue liste de scandales.
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