Politique

Andriy Yermak, ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, placé en détention provisoire dans une affaire de blanchiment d’argent

La Haute Cour anticorruption d’Ukraine a ordonné le placement en détention provisoire d’Andriy Yermak, ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky. L’homme, jadis considéré comme l’un des plus influents du pays, est accusé d’avoir orchestré un réseau de blanchiment d’argent via un projet immobilier de luxe en banlieue de la capitale. Le montant ? 460 millions de hryvnias, soit près de 10 millions d’euros.

mise à jour le 15/05/26

Andriy Yermak, hier conseiller du président, aujourd’hui invité surprise des geôles de Kiev.

Un schéma bien huilé

Selon les enquêteurs du Bureau national anticorruption et du Parquet spécialisé, les fonds proviendraient de détournements au sein d’entreprises d’État, notamment Energoatom, l’opérateur nucléaire ukrainien. Cette affaire s’inscrit dans une enquête plus large, baptisée « Opération Midas », qui vise plus de 100 millions de dollars de corruption présumée dans les secteurs de l’énergie, des armes et des marchés militaires.



60 jours pour réfléchir

La cour a fixé la durée de la détention provisoire à 60 jours, avec possibilité de libération sous caution : 140 millions de hryvnias, soit environ 3 millions d’euros. Andriy Yermak, 54 ans, conteste farouchement les accusations. Lors de l’audience, il a déclaré ne pas pouvoir payer seul cette somme, mais espérer l’aide de ses « amis ». Une ironie de plus dans ce pays où les réseaux comptent souvent plus que la loi.

Une démission en demi-teinte

Andriy Yermak avait quitté ses fonctions en novembre 2025, quelques heures après une perquisition à son domicile. À l’époque, l’entourage présidentiel avait présenté cette démission comme un geste pour « restaurer la confiance ». Un argument qui sonne aujourd’hui comme une mauvaise blague.

Zelensky, intouchable ?

Aucune charge n’a pour l’instant été retenue contre Volodymyr Zelensky lui-même. Pourtant, l’affaire jette une ombre sur son règne, alors que l’Ukraine, en pleine guerre, subissait déjà des pressions internationales pour lutter contre la corruption. Les institutions anticorruption, créées après Maïdan en 2014, continuent de fonctionner, malgré tout.

Un procès en direct

Les audiences des 12 et 13 mai ont été retransmises en direct, preuve, selon les autorités, de leur transparence. Les enquêteurs y ont détaillé l’utilisation présumée de sociétés écrans et de transactions fictives entre 2021 et 2025. Objectif ? Blanchir des fonds via la construction de résidences de luxe, dont l’une aurait été destinée à Andriy Yermak lui-même.



12 ans de prison en ligne de mire

En cas de condamnation, l’ex-conseiller risque jusqu’à 12 ans de prison. Une perspective qui, dans l’Ukraine d’aujourd’hui, pourrait bien n’être qu’un détail de plus dans une longue liste de scandales.

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