A l’OMS comme si vous y étiez ! – Épisode 1

23 février 2021 | Politique, Santé

L'OMS comme si vous y étiez !

Notre informateur a travaillé huit ans l’OMS et y a commencé en 2005 par de petits contrats en tant que chauffeur de directeurs régionaux lors des Conférences mondiales de la Santé (WHA Word Health Assembly) et de conseils d’administration (EB Extraordinary Board). Après ces contrats très temporaires, il a été embauché par Roll Back Malaria (RBM, un partenariat hébergé par l’OMS, en concurrence directe avec le département Malaria de la maison mère),  y est resté plus de deux ans et a voyagé en Afrique pour son compte. De là, il est parti travailler pour ONUSIDA (autre partenariat hébergé par l’OMS) au sein des RH. Il a terminé à RHR (Reproductive Health & Research) pour la santé péri et post-natale, en lien avec le département Vaccines.

Il a plein de belles choses à nous raconter et va commencer dans ce premier épisode par nous expliquer les conditions de travail au sein de cette organisation.

Les conditions de travail sont alléchantes : ils ne paient pas d’impôts et ont une couverture-assurance maladie dont rêverait Olivier Véran, le tout avec un salaire qui ferait baver un cadre supérieur en France. Pour avoir une idée, un secrétaire comme lui gagne environ 5 800 CHF (5 400 €) par mois à un des grades les plus bas de l’OMS (grade G.04). Dès que l’on passe au grade supérieur (P – professional), les salaires atteignent facilement 15 000-20 000 CHF (14 000-19 000 €) par mois. Avec en plus une immunité diplomatique et ses avantages : ils ne paient pas la TVA sur le tabac, l’alcool, l’essence… Et puis vient le grade D (Directeur de département par exemple) et là, il imagine que c’est open bar, mais il n’a malheureusement pas de détails… Pour tous les personnels de l’OMS, pour chaque mois travaillé l’organisation reverse à chaque employé le double de sa propre cotisation à une pension de retraite : belle générosité n’est-ce pas ?

Donc, oui, effectivement les conditions sont attrayantes. Il y a d’ailleurs une expression qui le définit bien : le « golden hand shake ». Mais c’est une prison dorée. En tout cas pour un grand nombre de staff qui vaquent de poste en poste, de contrat à court terme en contrat court terme en interruption, etc. Il est vrai que les règles appliquées par les HR changent au bon gré et au bon vouloir de ce qu’on leur dit de faire. Il a quitté l’OMS avec deux convictions : la première est que naïvement il avait cru intégrer un domaine qui allait lui donner satisfaction. Travailler pour la santé devait y contribuer. En toute bonne foi, il pensait réellement qu’on y travaillait pour la santé. Mais ce n’est pas le cas malheureusement. La deuxième est que suite à une série d’événements relevant du harcèlement-mobbing administratif et psychologique (diffamation) ainsi que le non-respect des règles HR, il leur a collé deux procès au Tribunal administratif de l’Organisation internationale du Travail (ILOAT) qu’il a gagnés au bout de plus de quatre ans.

Pour être clair, l’OMS est l’organe des Nations unies qui a le plus grand nombre de ce genre de procès avec de nombreux cas de harcèlement physique, chantage au contrat, etc. Une de ses collègues en a d’ailleurs été assez gravement marquée…

On retrouve notre informateur très prochainement, et il a du très très lourd à nous balancer…